Forte d’une année d’études au Mexique, Isabelle Truong a toujours souhaité embrasser une carrière internationale. Un rêve devenu réalité. À 27 ans, cette ingénieure formée à l’Esiee de Paris a trouvé sa voie chez General Electric (GE). Recrutée en mars 2018, parmi les meilleurs diplômés en ingénierie de fabrication et chaîne d’approvisionnement, elle a orchestré, à coups d’allers-retours entre la France et la Chine, le transfert de compétences entre le site GE de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et celui de Jieyang, dans la province du Guangdong.
C’est dans cette ville située à quelques kilomètres de la mer que l’usine d’assemblage de la plus grande éolienne du monde, Haliade-X, a démarré sa production en juillet 2021. Dotée d’une puissance de 12 MW, cette éolienne sera en mesure d’alimenter 16 000 foyers.
Au cours de sa mission, désormais presque achevée, l’ingénieure a assuré le rodage de la logistique (réception des pièces de l’usine, installation des lignes de production…) et la supervision de la formation des opérateurs chinois à l’assemblage des nacelles d’éolienne. Comme le reste de l’industrie, le projet a toutefois fait les frais de la pandémie de Covid-19, qui a bousculé les habitudes. Mais pas de quoi décourager Isabelle Truong. «Les mesures de confinement ont stoppé les voyages entre la France et la Chine. Nous avons dû innover dans la façon de travailler. Nous avons par exemple utilisé des lunettes de réalité virtuelle pour faire découvrir les turbines à nos collègues chinois», raconte la jeune femme.
Double culture
Dans ce projet d’ampleur, Isabelle Truong a pu compter sur un atout de taille : sa double culture franco-asiatique. Née en France d’une mère chinoise et d’un père vietnamien, réfugié politique, elle parle couramment le mandarin. Une maîtrise de la langue et de la culture qui lui a permis d’établir des ponts entre les équipes françaises et chinoises… et d’éviter quelques incompréhensions. Ainsi, alors qu’en France le risque fait l’objet d’une alerte immédiatement après avoir été identifié, en Chine, il est d’abord traité en interne au sein de l’équipe, avant d’être remonté à la hiérarchie. «À plusieurs reprises, les risques ont été soulevés à la dernière minute. Les équipes françaises se demandaient si les équipes chinoises tentaient de cacher des choses, mais en fait, leur manière de procéder est simplement différente», explique Isabelle Truong, qui admire la capacité de la Chine à déployer des projets à très grande vitesse.
Elle restera encore un an en Chine pour s’assurer de la capacité de l’usine de Jieyang à produire les modules des Haliade, avant de s’envoler vers une autre destination. Chargée de développer l’empreinte industrielle de GE dans la région Asie-Pacifique, Isabelle Truong devrait ensuite poser ses valises au Japon. Le début d’une nouvelle aventure pour cette globe-trotteuse.



