Une crise des batteries est-elle à venir ? Dans son dernier numéro, la publication allemande Manager Magazin révèle que Mercedes a dû fortement diminuer sa production de véhicules électriques en 2019, faute de composants disponibles pour ses batteries. Et cela ne devrait pas s’arranger en 2020. Le fournisseur LG Chem, qui produit les cellules des batteries, est en cause.
"Daimler voulait vendre environ 25000 EQC en 2019. Environ 7 000 auraient été construits finalement, le groupe ne donne pas le nombre exact", révèle le magazine. Pour 2020, l’objectif de 60 000 véhicules produits semble inatteignable, les dirigeants de Damiler tableraient sur 20 à 30 000 seulement. Il faut dire que Tesla a racheté au nez et à la barbe de Daimler la société d’ingénierie Grohmann, qui devait fournir un appui capital aux équipes du constructeur allemand.
Dépendance aux acteurs asiatiques
Mais le problème est bien plus large. Interrogé par Manager Magazin, le responsable du CE de Daimler Michael Brecht met en garde contre une "crise de la batterie". "Il y aura des goulots d'étranglement et des hausses de prix inattendues ", prévient-il. La dépendance à des acteurs asiatiques, comme LG Chem ou CATL, menace la souveraineté de l’industrie européenne.
Il existe bien un projet d’Airbus des batteries, avec des usines-pilotes en préparation en France et en Allemagne, mais il a pris du retard. Pendant ce temps, la production de véhicules électriques risque de stagner, et les prix des modèles d’augmenter, ce qui expose les constructeurs européens à de lourdes amendes : ils ont en effet l’obligation de verdir leur flotte pour répondre aux nouvelles demandes européennes. Un casse-tête en perspective.



