Pour Faurecia, la reprise est là. Au premier semestre, l'équipementier automobile français a vu ses ventes progresser de 32% en données organiques, à 7,8 milliards d'euros. Sa marge opérationnelle atteint 6,6%. "Nous avons enregistré une solide performance au premier semestre, malgré deux effets négatifs majeurs : la pénurie de semi-conducteurs et l’inflation des matières premières", a commenté dans un communiqué Patrick Koller. Le cash-flow net pour cette année est désormais attendu supérieur à 500 millions d'euros. Faurecia a enregistré 12 milliards d'euros de commandes au premier semestre, et compte faire aussi bien au second.
Les autres objectifs annuels ont été confirmés. Faurecia vise 16,5 milliards d'euros de ventes, une surperformance des ventes supérieure à 600 points de base et une marge opérationnelle d'environ 7%, qui se rapprocherait ainsi de ses niveaux d'avant la crise sanitaire.
"Nous sommes convaincus que la production automobile a atteint un point bas au deuxième trimestre et qu’elle devrait rebondir progressivement au cours des prochains trimestres, qui resteront malgré tout marqués par la pénurie de semi-conducteurs, laquelle devrait durer jusqu’à la fin du premier semestre 2022", a déclaré Patrick Koller.
Vers une augmentation de capital ?
Faurecia est pourtant pénalisé en bourse, signant la pire performance du SBF 120 ce 26 juillet. Des rumeurs sur une augmentation de capital expliquent cette contre-performance.
"Une augmentation de capital en cas d'acquisition est la seule explication de la faiblesse du titre parce que les résultats, la 'guidance', tout est en ordre et serait plutôt de nature à pousser le titre à la hausse", a expliqué à Reuters Pierre-Yves Quemener, analyste chez Stifel Europe. Le groupe s'est posé comme consolidateur potentiel du secteur, mais sans mentionner qui que ce soit, ajoute l'analyste. "Je ne veux pas commenter ce type de processus", a déclaré le directeur général de Faurecia, Patrick Koller, lors d'une conférence téléphonique après la publication des résultats semestriels. "Ce dont nous allons nous assurer, c'est que nous serions capables, dans n'importe quel cas, de nous désendetter très rapidement pour revenir à une dette nette unique sur l'Ebitda", a-t-il ajouté.
Quel avenir pour la branche "Mobilité propre" ?
Faurecia a également annoncé réfléchir à un changement de statut de son activité "Mobilité propre", son troisième plus important métier représentant 26% de son chiffre d'affaires, afin d'accompagner les mutations à l'oeuvre dans les véhicules thermiques traditionnels alors que l'électrique gagne du terrain.
Cette branche historique, qui regroupe les métiers de la dépollution, pourrait devenir une entité juridique pour permettre "une flexibilité significative sur la manière dont elle sera managée dans les années à venir, en tenant compte de ce qui pourrait se passer sur le marché", a dit Patrick Koller.
La division intègre aussi les nouveaux métiers de l'hydrogène, où Faurecia a acquis récemment la société CLD en Chine.
Avec Reuters (Gilles Guillaume, Kate Etringer et Blandine Hénault, édité par Nicolas Delame)


