Rien de plus fédérateur qu’un ennemi commun. Et le Covid-19, qui met l’industrie aéronautique à genou, offre aux avionneurs la possibilité de faire front commun. L’européen Airbus, l’américain Boeing et le brésilien Embraer, sous l’égide de l'Association internationale du transport aérien (IATA), ont parlé d’une seule voix, jeudi 8 octobre, pour assurer de la très faible transmission du Covid-19 dans les cabines d’avions. Un message visant avant tout à rassurer les passagers alors que la chute du trafic aérien met à mal compagnies aériennes et acteurs industriels et que les mesures sanitaires tendent à se durcir dans les avions et les aéroports.
Voyager des heures durant dans le lieu clos que constitue une cabine d’avion, avec à ses côtés des dizaines d’autres passagers, représente-t-il un risque sanitaire ? Non, affirment les avionneurs, qui mènent des travaux depuis le début de l’épidémie pour comprendre le phénomène complexe de propagation du virus à bord : seuls 44 cas de contaminations à bord ont été enregistrés, comprenant des cas confirmés, probables et potentiels depuis le début de l’année 2020. Or sur cette période, il y a eu 1,2 milliard de passagers.
Le Covid-19 ne manque pas d'air
"La probabilité d’être contaminé est donc de un cas sur 27 millions, relève David Powell, conseiller médical au sein de l’IATA. Nous reconnaissons que cela peut être sous-estimé, mais même si 90% des cas n'étaient pas signalés, on parlerait d’un cas pour 2,7 millions de voyageurs." Pour autant, les acteurs du transport aérien et les avionneurs savent qu’ils doivent plus que jamais communiquer, tant les craintes sont fortes chez de nombreux passagers.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 95.92+1.23
9 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
Comment expliquer un si faible niveau de propagation du Covid-19 à bord ? Si le risque est atténué par la disposition des passagers qui ne peuvent se faire face et l’effet barrière des dossiers des sièges, c’est le flux d’air intérieur qui expliquerait pour une bonne part la faible transmission du virus. Renouvelé entièrement environ toutes les deux ou trois minutes, il passerait en outre dans des filtres de standard HEPA, équivalent des masques FFP2 et FFP3, piégeant 99,9% des virus et des bactéries, assurent les avionneurs.
La simulation numérique à la rescousse
"Grâce à tous ces facteurs, nous avons pu constater que l’exposition potentielle au virus est plus faible lorsqu’on est assis dans un avion avec un masque, à environ 30 centimètres d’un passager, qu’à une distance de 1,80 mètre d’une personne sans masque qui éternue dans un environnement tel qu’un bureau", résume Bruno Fargeon, ingénieur chez Airbus et qui pilote le programme "Keep trust in air travel" (garder confiance dans le transport aérien). Un résultat obtenu grâce à une simulation numérique basée sur la définition de 50 millions de points au sein de la cabine. "Pour en comprendre la complexité, 4 minutes de simulation représentaient 10 heures de calcul avec nos ordinateurs", souligne Bruno Fargeon.
Des propos rassurants qui n’empêchent pas les avionneurs de s’activer en coulisses pour mettre au point des solutions permettant de réduire la présence de virus, et du Covid-19 en particulier, à bord de leurs appareils. C’est le cas du rayonnement Ultra-Violet : Boeing s’est d’ailleurs rapproché de l’entreprise américaine Healthe pour produire sa solution portative anti Covid-19. Mais d’autres pistes sont étudiées, telles que l’aspersion de désinfectants chimiques, la mise au point de matériaux virucides et bactéricides ainsi que l’utilisation de traitement thermique. La traque au Covid-19 à bord ne fait que commencer.



