C’est à Stains, en Seine-Saint-Denis, qu’Engie a décidé de construire sa plateforme de Recherche et innovation au service du développement de l’hydrogène renouvelable et inaugurée ce 3 novembre. Elle est installée au sein du du Lab Crigen, consacré aux gaz verts, qui regroupe diverses installations et près de 200 chercheurs. Les gaz verts sont un secteur de recherche important pour Engie, comme l’explique Catherine McGregor, sa directrice générale : « Chez Engie, nous avons une vision du mix énergétique de demain qui doit être diversifié et équilibré, dans lequel chaque technologie doit avoir sa place. Nous y incluons le gaz, composant énergétique très important avec des propriétés physiques distinctives qui lui donne un avantage certain, en termes de stockage, de transport, et de densité énergétique ». Or, si ce gaz est aujourd’hui fossile, Engie est extrêmement engagé « à travailler sur sa décarbonation », notamment grâce aux gaz verts - parmi lesquels se trouvent l’hydrogène vert et ses dérivés, les e-molécules telles que l’e-méthane ou encore l’e-ammoniac.
Tester les moyens de production de l’hydrogène et ses dérivés
La plateforme dispose ainsi de moyens d’essais sur toute la chaîne de valeur, de la production à l’utilisation, dont quatre ont été présentés lors de cette inauguration. Le premier banc de test se concentre sur la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau. Plusieurs aspects sont à l’étude, comme la compréhension de l’impact de l’intermittence dû à l’utilisation d’énergie renouvelable, grâce au développement de protocoles de tests pour appréhender le comportement des systèmes selon les profils d’énergies renouvelables (solaire ou éolien). Mais aussi l’amélioration de la compétitivité, ou l’évaluation de technologies de rupture, comme les électrolyseurs à haute température. Ces derniers feraient gagner jusqu’à 20 points de rendement et diminuer jusqu’à 15% le coût de production.
Le deuxième banc d’essai est consacré au test de la production d’e-molécules à partir d’hydrogène. Il dispose en particulier d’un réacteur pilote pour la production d’e-méthane, résultant de la combinaison d’hydrogène et de CO2. Ce réacteur est conçu sous forme d’unité mobile, qui pourrait par exemple être déplacé directement sur un site de biogaz pour augmenter la production d’e-méthane.
Evaluer le remplissage des poids lourds et la qualité de l’hydrogène en station
Troisième étape, le banc mobilité, avec un banc de remplissage qui teste les méthodes de ravitaillement de poids lourds. Il dispose d’un réservoir semblable à celui d’un poids lourd, muni de capteurs de pression et de température, pour mesurer le comportement thermodynamique de l’hydrogène lors du remplissage. Objectif : concevoir des stations-services optimisées, et au meilleur coût. Un autre banc de test est destiné lui à l'échantillonnage et à l’analyse de la qualité de l’hydrogène des stations de recharge - un point de vigilance important pour Engie. Ce dernier, mobile, se branche directement sur la station et fournit des mesures extrêmement fines sur place pour les composés les plus simples, mais aussi des prélèvements qui seront analysés plus tard en laboratoire.
Evaluer les technologies de startups prometteuses
Enfin, Engie, par le biais de son fonds d’investissement Engie New Ventures, investit dans différentes startups - 25 au total et 4 pour l’hydrogène, selon Johann Boukhors, directeur général du fonds. Certaines de ces start-ups sont également testées sur la plateforme - c’est le cas par exemple de H2Site, qui a développé un réacteur membranaire capable de séparer le gaz naturel et l’hydrogène lorsqu’ils sont mélangés- ce qui permettrait de transporter ce dernier dans les canalisations existantes. Des tests sont ainsi menés à différentes proportions d’hydrogène pour évaluer la flexibilité du réacteur. Ce dernier sera par ailleurs implémenté dans différents projets dès 2023. EN France notamment, une station-service à l’hydrogène comportant cette innovation sera installée à Rungis par GNVert, une filiale d’Engie.



