En quête d’un second souffle en Chine, Stellantis veut prendre une part majoritaire dans sa coentreprise avec GAC

[ACTUALISÉ] Pour se relancer en Chine, Stellantis veut faire passer sa part dans la coentreprise avec GAC de 50 à 75%. Petit problème : le groupe chinois affirme ne pas avoir été consulté sur cette annonce.

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Jeep
Une fois rationalisée, la coentreprise entre Stellantis et GAC doit s'attacher à relancer la marque Jeep sur le marché chinois.

Stellantis semble avoir mal accordé ses violons avec son partenaire chinois. Le groupe automobile a annoncé jeudi 27 janvier son intention de prendre une part majoritaire dans sa coentreprise avec GAC, passant de 50% à 75%, sous réserve de validation par les autorités chinoises. Quelques heures après l'annonce, le groupe chinois a rabroué Stellantis. « Nous n'avons pas approuvé cette annonce, et GAC Group le regrette profondément », déclare-t-il dans un court communiqué cité par l'agence Bloomberg. GAC Group ajoute avoir pris connaissance de la nouvelle sur le site de Stellantis, qui ne souhaite pas faire de commentaire.

Cet imbroglio ternit l'opération reconquête de Stellantis en Chine. Le constructeur tente depuis plusieurs années de redresser ses performances dans le pays. Avant la sortie de GAC, il présentait dans un communiqué ce changement de participation comme la « première étape-clé vers la rationalisation des opérations en Chine, qui s’inscrit dans le cadre du plan stratégique de l’entreprise dont l’annonce est prévue le 1er mars ». Un plan très attendu depuis la création de Stellantis en janvier 2021, même si le groupe a déjà donné des détails sur sa feuille de route dans l’électrique.

Développer la marque Jeep

Le projet de Stellantis intervient dans le cadre de l’assouplissement des règles chinoises, qui obligeaient jusqu’à présent les groupes étrangers à s’allier à un partenaire local sans leur permettre d’être majoritaires dans la coentreprise. 

En matière de rationalisation, GAC avait déjà annoncé à Reuters en septembre 2021 la fermeture d’une des deux usines de la coentreprise. Sur les sept premiers mois de 2021, Stellantis et GAC n’avaient vendu que 12 288 véhicules sur le premier marché automobile mondial selon Reuters, alors que la coentreprise disposait d’une capacité de production de 328 000 unités par an avec ses deux sites.

Toujours d’après Reuters, les ventes réalisées entre janvier et septembre 2021 ne reposaient que sur les SUV de la marque Jeep. De quoi expliquer que le constructeur franco-italo-américain et son partenaire GAC veuillent aujourd’hui continuer à « développer le potentiel commercial de la marque Jeep en Chine ». Avec ses modèles de SUV en phase avec la demande chinoise, Jeep apparaît comme la marque la plus susceptible de redresser les ventes de Stellantis dans le pays.

Un million jamais atteint

Cet échec sur le marché chinois poursuit le directeur général de Stellantis, Carlos Tavares, depuis de nombreuses années. Avant même la fusion avec Fiat-Chrysler Automobiles (FCA), l’ancien groupe PSA se débattait avec des ventes en chute libre dans le pays. Pourtant, en 2014, PSA avait affiché des ventes de 734 000 unités, en phase avec son objectif initial d’atteindre un rythme annuel d’un million de véhicules en Chine d’ici à 2018… Une ambition qui ne s’est jamais concrétisée.

La faute à des produits non-adaptés à la demande des clients chinois, un réseau commercial pas assez efficace et des « divergences entre cadres qui ne s'entendaient pas bien au sein de DPCA, la coentreprise à 50-50 avec le partenaire Dongfeng » de PSA, expliquait une source interne à Challenges en 2021. Des faiblesses sur lesquelles planchent les équipes de Stellantis, dans l’espoir de retrouver enfin des couleurs sur le premier marché automobile mondial.

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