Bonne nouvelle, la France figure parmi les pionniers de cette industrie innovante, avec deux?usines de recyclage chimique annoncées pour 2023. À Grandpuits, en Seine-et-Marne, Total s’associe à Plastic Energy pour monter sur sa future plate-forme de chimie verte une unité de recyclage de 15 000?tonnes de polyéthylène, avec un peu de polypropylène et de polystyrène. À Wingles, dans le Pas-de-Calais, Ineos Styrosolution et Trinseo monteront une unité traitant 50?tonnes par jour de déchets de polystyrène.
Un nouveau consortium pour recycler le polystyrène
Homis la chimie, cette accélération intéresse l’agroalimentaire, dont les emballages – notamment de produits frais et laitiers – sont menacés par le durcissement de la réglementation française et européenne sur les plastiques à usage unique. Le consortium PS25, annoncé le 28?septembre, réunit Syndifrais et d’autres utilisateurs d’emballages en PS (Agromousquetaires, Bigard, Cooperl, Lactalis, Triballat, Yoplait...), Valorplast et Citeo pour construire une filière de recyclage du polystyrène. Au-delà de la technologie de recyclage, il faut collecter, pré-traiter, et en bout de chaîne tester la réutilisation du plastique recyclé, qui devra être agréé contact alimentaire.
Lorsqu’en 2018, Citeo, Total, Syndifrais, Saint-Gobain et Soprema annonçaient un green deal sur le recyclage des pots de yaourt et PET opaques et complexes, des réutilisations dans l’isolation pouvaient encore suffire. Mais l’interdiction prochaine des emballages non-réemployables, recyclables ou n’atteignant pas un taux minimum de plastique recyclé crée une urgence nouvelle. Craignant qu’il devienne impossible d’utiliser du polystyrène, les industriels de l’agroalimentaire se penchent enfin sérieusement sur la construction d’une filière en boucle.



