Après le transport aérien, c’est au tour de l’industrie aéronautique de subir les conséquences du coronavirus chinois. En raison de l’épidémie, Airbus a annoncé mercredi 5 février qu’il mettait sa ligne d’assemblage final basée à Tianjin dédiée à l’A320 à l’arrêt, dans le prolongement des fêtes du nouvel an chinois. L’avionneur européen suit les recommandations du gouvernement du pays, souligne un porte-parole du groupe, qui précise que cet arrêt temporaire doit durer au moins jusqu’au 10 février.
Le coronavirus atteint Airbus au niveau de l’un de ses piliers industriels hors Europe, où il est présent depuis 1994. Alors que Boeing a maintenu une production centrée aux Etats-Unis, Airbus a ouvert en 2008 une ligne d’assemblage final en Chine, misant sur la production d’avions « made in China » pour gagner des parts de marché dans ce pays. La division aviation commerciale du groupe compte quelque 1 900 employés.
Pas d'impact pour le moment
Ce site de Tianjin est donc devenu une pièce stratégique du puzzle industriel du monocouloir d’Airbus, au même titre que les lignes historiques de Hambourg (Allemagne), Toulouse (France) et que celle de Mobile (Etats-Unis). Tout à sa volonté d’augmenter ses cadences de production – passant de 60 A320 par mois en 2019 à 63 en 2021 –, l’industriel compte accélérer le rythme en Chine. Alors que le site a produit au total 26 avions en 2010, la cadence atteinte fin 2019 est de 6 avions par mois, soit peu ou prou 70 appareils ramenés à une production annuelle, correspondant à environ 10% de la production de monocouloirs d’Airbus.

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Quelles seront les conséquences de l’arrêt temporaire de cette ligne d’assemblage finale ? Tout dépendra évidemment de sa durée. Mais un arrêt de quelques jours voire de quelques semaines ne devraient pas avoir trop d’impact sur le niveau de livraisons globales de l’avionneur. Chaque année cette règle se répète : Airbus assure ses plus gros volumes de productions sur les derniers mois de l’année. Reste que l’industriel souffrirait davantage si l’arrêt se prolongeait plusieurs mois durant.
Airbus parviendra-t-il in fine à atteindre cette année la barre des 2 000 avions livrés en Chine via ses différentes lignes de production, représentant 50% de parts de marché ? Un objectif que s’est fixé le groupe mais qui pourrait éventuellement être quelque peu reporté si certaines compagnies aériennes décidaient de décaler dans le temps la réception de leurs appareils.
Safran aussi touché
En outre, Airbus possède d’autres activités en dehors de cette ligne d’assemblage finale. Airbus a inauguré un centre d’aménagement cabine dédié à l’A330, également à Tianjin. Il possède aussi un centre d’innovation dénommé ACIC à Shenzen, en complément de A3 dans la Silicon Valley (Etats-Unis) ainsi qu’une ligne d’assemblage finale d’hélicoptères H135 à Qingdao. Moins présent dans le marché de défense et du spatial, Airbus n’en emploie pas moins environ 80 personnes. Autant de salariés et de sites qui, là encore, pourraient voir leur activité fragilisée en cas d’arrêt prolongé.
Contacté par L’Usine Nouvelle, le groupe aéronautique Safran a admis pâtir lui aussi du coronavirus. Au travers d’une vingtaine d’entités, le groupe emploie en Chine 2 500 personnes. "Nous avons fermé nos usines, et ce jusqu’au 10 février", affirme une porte-parole. A Pekin, où le groupe possède des bureaux, l’activité a pu en revanche reprendre partiellement grâce au télétravail. Chez Safran, on dit accompagner les rapatriés qui le souhaitent dans leur retour en France avec leurs familles. "Un plan de reprise du travail est en train d’être mis en œuvre", précise-t-on. Impossible à ce stade d’évaluer l’impact du virus sur l’activité du groupe.



