En Allemagne, le marché auto électrique stoppé net par l’arrêt brutal du bonus écologique

Avec la fin de la prime gouvernementale de 4 500 euros en décembre 2023, les constructeurs automobiles tentent de s’adapter en baissant les prix pour séduire les consommateurs et écouler les stocks. Avec en ligne de mire, l’arrivée de la concurrence chinoise.

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ID. 3 Volkswagen
Volkswagen a revu le catalogue de ses véhicules électriques et propose sa berline compacte ID.3 à 38 990 euros en version de base.

La fin brutale du versement de la prime écologique sur les véhicules électriques en Allemagne a eu un effet quasi-immédiat sur les ventes. Ainsi, selon l'Agence fédérale pour l'automobile (KBA), les immatriculations de voitures particulières à batterie (BEV) et d'hybrides rechargeables (PHEV) ont connu le mois dernier une chute libre, respectivement de - 47,6% et de - 74,4% par rapport à décembre 2022. Pourtant, dans son ensemble, le marché automobile se porte bien outre-Rhin, avec environ 2,84 millions de voitures particulières neuves vendues sur 2023, soit une croissance de 7,3% en glissement annuel, portée par les motorisations essence et diesel.

Depuis le 18 décembre, les acheteurs de voiture électrique ne peuvent en effet plus prétendre à une aide publique qui pouvait atteindre 4 500 euros à laquelle s’ajoutait la prime versée par les constructeurs. Au final, la réduction pouvait s’élever à 6 750 euros. «2024 sera une année d'incertitude pour le segment de l’électromobilité, regrette Reinhard Zirpel, président de la Fédération des importateurs automobiles VDIK. Il y a un risque que les voitures électriques deviennent financièrement moins intéressantes que leurs équivalents thermiques. L'objectif du gouvernement fédéral de 15millions de voitures électriques en 2030 s'éloigne». A l’heure actuelle, seul 1,5 million de voitures électriques circule sur les routes allemandes.

Pour limiter la casse et écouler les stocks, les constructeurs n’ont donc eu d’autre choix que de se substituer au coup de pouce étatique qui existait depuis 2016, en proposant eux-mêmes primes et rabais. Volkswagen a ainsi revu le catalogue de ses électriques et propose sa berline compacte ID.3 à 38 990 euros en version de base, également disponible en leasing à moins de 330 euros par mois pendant quatre ans.

Les constructeurs français font des efforts pour maintenir les ventes

Côté Français, Stellantis fut le premier à continuer à garantir le paiement du bonus environnemental, jusqu’à 4 500 euros sous certaines conditions, tout comme le fait aussi le Coréen Kia. Pour sa part, Renault a choisi de baisser le prix de base de sa Mégane E-Tech électrique pour le repasser à 35 600 euros dans sa version de base, alors qu’il était en 2023 à plus de 40 000 euros.

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Des prix qui restent malgré tout élevés. De plus, rien n’assure que ces ristournes seront permanentes. «Sur le marché allemand, trop peu de véhicules sont disponibles à moins de 30000euros, indique un porte-parole de l’association d’automobilistes allemands ADAC, faisant référence notamment à la Renault Zoe, la Dacia Spring, la Fiat 500 ou encore l’Opel Corsa-e. Il faut maintenant espérer que la concurrence s'intensifiera pour que les prix baissent».

La concurrence chinoise fait peur

Un point de vue partagé par Heinz-Dieter Tiemeyer, à la tête du plus grand réseau de concessionnaires allemand, qui voit en ligne de mire l’arrivée des concurrents chinois, comme BYD ou MG qui présente déjà des modèles autour de 29 000 euros. «Jusqu'à présent, il y a sur le marché allemand peu de marques prestigieuses chinoises et l'approvisionnement en pièces détachées n’est pas encore au point. Mais cela va venir, c’est certain, explique-t-il. Les constructeurs allemands ont donc maintenant ou jamais l’occasion de fidéliser leurs clients avec des produits techniquement haut de gamme et des prix raisonnables».

Pour accélérer la croissance du marché, le président de l'Agence fédérale de l'environnement Dirk Messner en appelle aussi au gouvernement fédéral afin qu’il remette en place un système d’incitation pérenne pour le consommateur. Celui-ci pourrait être basé sur la taxation des véhicules émetteurs de CO2. «Nous plaidons pour un bonus-malus basé sur le principe du pollueur-payeur : plus les émissions de CO2 d'une voiture sont élevées, plus la charge fiscale devrait être importante», détaille-t-il. Les recettes pourraient ainsi permettre de financer un nouveau bonus pour l'achat de petites et moyennes voitures électriques sans toucher à la rigueur budgétaire de l’Etat.

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