Le président de la République veut marquer le soutien de l’État à la mobilité verte. Il lance, en personne, la bataille de la maîtrise de la batterie, maillon stratégique de la chaîne de valeur du véhicule électrique. Jeudi 30 janvier, Emmanuel Macron visite l’usine Saft de Nersac (Charente), en compagnie de la ministre allemande de la recherche. C’est là que s’installeront les activités de R&D et la première ligne pilote d’un projet porté par un consortium qui réunit Saft (filiale de Total) et PSA.
Deux projets d'usines de batteries
L’investissement pour cette première phase est chiffré à 200 millions d’euros. L’initiative est fortement soutenue par les gouvernements français et allemand car l’ambition, une fois qu’une nouvelle génération de batteries aura été développée à Nersac, est d’ouvrir deux "gigafactory" : l’une à Douvrin (Pas-de-Calais) dans les Hauts-de-France où PSA possède une usine de moteurs et l’autre à Kaiserlautern en Allemagne qui abrite un site Opel.
Selon l’Élysée, le projet est "un marqueur fort du quinquennat pour montrer que la réindustrialisation du pays est en marche et que l’on peut construire un nouveau modèle de croissance durable autour de technologies qui apporte des solutions."

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3,2 milliards d’euros de financement public
"Tous les feux sont au vert sur ce projet", ajoute la présidence. Le gouvernement français est prêt à investir 700 millions d’euros et l’Allemagne 450 millions d'euros. Les collectivités locales contribueraient aussi à hauteur de 150 millions d’euros à l’implantation des usines.
La commission européenne a en effet donné son accord le 8 décembre 2019 à un IPCEI Batterie. Un IPCEI (Important Projects of Common European Interest) est un système d’aides d’État qui permet de soutenir non seulement les phases de R&D mais aussi celles de la première industrialisation. Il oblige aussi à des collaborations entre États-membres. Sept pays et 17 entreprises se sont engagés dans cet IPCEI batterie qui sera doté jusqu’à 3,2 milliards d’euros de financement public. Le projet franco-allemand n’est que l’un des projets abrité sous l’ombrelle de cet IPCEI.
PSA reste peu disert
Sur ce projet, si tous les feux sont au vert côté public, il est légèrement orange du côté du constructeur automobile du consortium. Saft semble allant : l'entreprise fabrique déjà des batteries pour l’aéronautique, le naval, le ferroviaire ou le médical. En revanche PSA reste peu disert sur son implication. Carlos Tavares, le patron de PSA, n’est d’ailleurs pas du déplacement avec le président de la République pour ce projet censé être structurant pour l’indépendance de la filière.
Le 20 janvier, selon un porte-parole du constructeur du groupe automobile, "le conseil de surveillance a donné mandat pour poursuivre les travaux en vue de la création d'une [co-entreprise] PSA-Opel-Total-Saft pour la conception, fabrication et commercialisation de modules de batteries pour le secteur automobile". Une déclaration qui ne marque pas un franc enthousiasme.
L'État veut rassurer sur un projet risqué
Aujourd’hui, le marché des batteries est principalement tenu par des constructeurs asiatiques. Un autre projet de gigafactory est beaucoup plus avancé en Europe, il s’agit du projet suédois Northvolt dans lequel Volkswagen a investi 900 millions d’euros. Northvolt veut produire en Europe, des batteries lithium-ion "propres" à des coûts compétitifs par rapport à l’Asie en gérant les problématiques de recyclage. Alors que Volkswagen et d’autres constructeurs allemands, comme BMW, lancent des projets, PSA poursuit donc ses études préliminaires.
Le groupe français aurait besoin d’être rassuré sur la réalité et l’ampleur du soutien financier de l’État dans ce projet risqué et très consommateur de capitaux, puisqu’il vise la prochaine génération de batteries. L’un des objectifs du président de la République, en mouillant sa chemise sur le terrain, est sans doute aussi d’accélérer l’engagement du constructeur français.



