Des tapis roulants géants de 500 kilomètres pour transporter des colis au Japon

Le ministère des Transports japonais se penche sur l’ouverture d’une ligne logistique automatisée sur tapis roulants. Le projet est largement inspiré du système suisse Cargo sous terrain pour réduire le recours aux camions. Il permettrait à l'archipel de faire face à la pénurie croissante de ses chauffeurs poids-lourd.

Cargo sous terrain (CST) Suisse
Le programme japonais s'inspire du projet suisse Cargo sous terrain (CST), dont une première ligne de 70 kilomètres doit ouvrir depuis Zürich d'ici à 2031.

Pour réduire le nombre de camions sur ses routes, le Japon envisage de faire circuler ses colis sur des… tapis roulants. Un groupe d’experts du ministère des Transports japonais se penche, depuis février, sur un système automatisé permettant de transporter les marchandises. Le groupement en question a proposé, vendredi 21 juin, un projet d’ouverture d’une ligne reliant la ville de Tokyo à Osaka dès 2034, a relayé le journal japonais The Yomiuri shimbun.

Concrètement, les marchandises seraient placées sur des palettes d’une capacité de transport d’une tonne de marchandises. Ces palettes seraient ensuite positionnées sur des tapis roulants géants, longeant l’autoroute ou se faufilant à l’intérieur de tunnels. Le groupe estime que ces grands tapis automatisés pourraient couvrir une quantité équivalente à 25000 chauffeurs de poids-lourd par jour. Une alternative consisterait à créer des routes « statiques » parallèles, sur lesquelles des chariots électriques automatisés circuleraient.

Derrière le projet farfelu, le Japon cherche à réduire sa dépendance aux chauffeurs routiers. Le pays essuie un effondrement démographique. Confrontés à une insuffisance de main-d’œuvre, les transporteurs japonais pourraient se montrer incapables de livrer une partie de leurs colis d’ici à 2030. Car les livraisons de petits colis sur l’archipel japonais, elles, explosent. Leur nombre aurait doublé en trois décennies, porté par le boom des achats en ligne.

Un projet inspiré du Cargo sous terrain suisse

Le projet japonais s’inspire largement du Cargo sous terrain (CST), un système logistique autonome actuellement développé en Suisse. Celui-ci vise à déployer des véhicules à entraînement électrique avec rail à induction. Les cargos se déplaceraient dans des tunnels à trois voies à une vitesse constante de 30 km/h pour transporter les marchandises sur des palettes ou dans des contenants adaptés. Un premier tronçon à triple voies d’environ 70 kilomètres doit se déployer à partir de l’aéroport de Zurich dès 2031, pour un coût estimé à plus de 3 milliards d’euros. Finalement, un réseau complet de près de 500 kilomètres entre le lac de Constance et le lac Léman doit ouvrir d’ici à 2045, pour un coût estimé entre 30 et 35 milliards de francs suisses (31 et 36 milliards d’euros).

Le projet japonais reliant Tokyo et Osaka a tout d’un ogre budgétaire. La voie de transport nécessiterait notamment d’aménager des tunnels le long des 500 kilomètres de ligne. Le projet pourrait ainsi atteindre un coût total de 3 700 milliards de yens (21 milliards d’euros).

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