Des cellules de batteries tout solide au lithium-métal stables grâce à un nouvel électrolyte

Une équipe de chercheurs canadiens a développé un nouvel électrolyte solide en β-Li3N dont la forte conductivité ionique et la résistance à la formation de dendrites ont permis de réaliser des prototypes performants du graal des batteries : une cellule à anode en lithium métallique.

electrolyte pour batterie tout-solide
Les chercheurs ont mis en évidence le lien entre augmentation du nombre de vacances sur les sites de lithium et d'azote de l'électrolyte Li3N et l'augmentation de la conductivité ionique du matériau.

Des chercheurs de la Western University (Canada) ont présenté un nouvel électrolyte solide en β-Li3N enrichi en vacances, des emplacements atomiques laissés vacants, qui leur a permis la réalisation de prototypes à grande durée de vie de cellules de batteries dotées d’anodes en lithium métallique. Ces résultats ont été publiés en fin d’année dernière dans Nature nanotechnology

Le secteur des batteries lithium-ion est aujourd’hui engagé dans une course à la réalisation de batteries tout-solide. Celles-ci sont composées d’un électrolyte solide remplaçant l’électrolyte liquide organique des batteries lithium-ion, responsable de l’emballement thermique pouvant causer l’explosion des batteries. L’utilisation d’électrolytes solides ouvre aussi la voie à l’usage d'une anode de lithium métallique, synonyme de très haute densité énergétique mais propice à la formation de dendrites, ces fameuses excroissances de lithium métallique pouvant causer des courts-circuits dévastateurs.

Tout l’enjeu pour aboutir à une batterie à anode en lithium métallique est donc de trouver un électrolyte solide qui combine une haute conductivité ionique (pour assurer un bon passage des ions lithium d’une électrode à l’autre), une faible conductivité électronique, une stabilité chimique à l’interface avec l’anode de lithium métallique et une résistance à la formation de dendrites. Parmi les trois familles de matériaux principalement étudiées aujourd’hui, halogénures, sulfures et oxydes, aucun électrolyte ne réunit toutes les qualités nécessaires.

82% de la capacité après 5000 cyles de charge-décharge

Les nitrures tels Li3N constituent une quatrième piste prometteuse, que les chercheurs ont exploré plus avant en fabricant une version de β-Li3N enrichie en vacances. Par une technique de broyage à haute pression de β-Li3N commercial, la concentration de vacances sur la totalité des sites de lithium est ainsi passée de 0,3 % à 5,4 %. Ce qui a eu pour conséquence de multiplier par 100 la conductivité ionique de leur matériau, qui est ainsi passée de 2,05.10-5 S.cm à 2,14.10-3 S.cm.

Deux prototypes de cellules de batteries comprenant ce nouvel électrolyte, une anode au lithium métallique, des composés halogénés de revêtement de l’anode, et une cathode - au LiCoO2 (LCO) ou au LiNi0,83Co0,11Mn0,06O2 (NCM83) - ont ensuite été testés par les chercheurs. D’après les résultats de l’étude, ces deux cellules présentent une forte stabilité de cycles charge-décharge pour une charge électrique de 1 C, avec des taux de rétention de capacité dépassant 82 % pour la cellule au LCO après 5000 cycles et 92,5 % pour la cellule au NCM83 après 3500 cycles.

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