Dériver les rejets de la centrale EDF dans l’étang de Berre

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EDF peut rejeter jusqu'à 1,2 milliard de mètres cubes d'eau douce dans l'étang de Berre.

C’est un vieux projet, jugé complexe et coûteux, qui revient au goût du jour : construire une dérivation de l’eau douce de la Durance rejetée par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas dans l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône) vers la zone industrielle voisine. La crise énergétique, le réchauffement climatique et un stress hydrique qui touche la Provence de plus en plus tôt ont changé la donne.

Pour sauver l’un des plus grands étangs salés d’Europe et ses espèces, la centrale ne doit normalement pas rejeter plus de 600 millions de mètres cubes d’eau douce par an. Mais depuis 2006, EDF a l’autorisation d’en rejeter jusqu’à 1,2 milliard par an. Avec une dérivation absorbant 600 millions de mètres cubes, il pourrait revenir à des rejets acceptables dans l’étang tout en produisant 290 à 460 millions de kW/h supplémentaires !

Avec des aménagements complémentaires, ces eaux pourraient approvisionner des projets de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, notamment pour générer de l’hydrogène par électrolyse de l’eau, sécuriser les communes en eau potable et l’irrigation de terres agricoles, des usages dépendants de la nappe phréatique de la Crau... Deux options se dégagent : un tracé de 17 km vers le golfe de Fos ou un autre de 29 km vers le Rhône. Toutes deux seraient combinées à la création d’un bassin de démodulation au pied de la centrale de Saint-Chamas. Le sous-préfet d’Istres (Bouches-du-Rhône), Régis Passerieux, déclare que le projet est «sur la bonne voie».

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3719 - Juin 2023

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