Départ surprise du patron d’Arianespace, Stéphane Israël, remplacé par David Cavaillolès

Arianespace annonce jeudi 19 décembre le départ de son président exécutif, Stéphane Israël. Après plus de dix ans à la tête du groupe, il lâchera les rênes le 31 décembre. Son successeur, David Cavaillolès, a été conseiller ministériel en charge de la politique spatiale française et travaille à Capgemini depuis 2019.

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AFP NE PAS REUTILISER Stéphane Israël Arianespace
Après 11 années à la tête d'Arianespace, Stéphane Israël change de trajectoire professionnelle. Il sera remplacer dès le 1er janvier par David Cavaillolès, venu de Capgemini.

Arianespace est à un tournant de son histoire. Le groupe a annoncé, jeudi 19 décembre, le départ surprise de son emblématique patron, en poste depuis avril 2013 : Stéphane Israël, 53 ans, quittera l’entreprise chargée de la commercialisation des lanceurs Ariane et Vega au 31 décembre. Le président exécutif laissera la place à David Cavaillolès, 36 ans, actuellement chez Capgemini et encore peu connu dans le milieu aérospatial. Son nom a été retenu après avoir passé en revu un certain nombre de candidats internes et externes, fait-on savoir chez Arianespace.

Comment expliquer le départ soudain de Stéphane Israël à la tête de cette filiale d’ArianeGroup, co-entreprise à 50/50 entre Airbus et Safran ? Le dirigeant va «se consacrer à un nouveau projet professionnel en janvier 2025», précise l'entreprise sans fournir davantage de précisions, hormis qu'il ne fera plus partie d'aucun de ces groupes. On souligne toutefois la cohérence du calendrier : le dirigeant va voguer vers de nouvelles aventures au moment où Arianespace recouvre ses capacités de lancements après environ deux années marquées par une perte d’autonomie spatiale pour l’Europe : Ariane 6 a effectué son premier inaugural le 9 juillet dernier et s’apprête à assurer son premier vol opérationnel en février. Quant au lanceur Vega C, il a décollé le 5 décembre dernier.

Un carnet de commandes bien garni pour Arianespace

Stéphane Israël aura été l’un des principaux artisans d’Ariane 6 ainsi que de la transformation d’Arianespace, devenue filiale d’ArianeGroup en 2017. «Stéphane a marqué l'histoire d'Arianespace à travers des étapes décisives, depuis l’apogée d’Ariane 5 jusqu’au vol inaugural d’Ariane 6, a affirmé dans un communiqué de presse Martin Sion, le président exécutif d’ArianeGroup. En cohérence avec ArianeGroup, il s’est aussi engagé fortement pour transformer Arianespace.» Stéphane Israël aura supervisé pas moins de 108 lancements.

«Après avoir consolidé la gamme de lanceurs Ariane 5, Vega et Soyouz, et soutenu le développement des lanceurs de nouvelle génération, Ariane 6 et Vega C, Stéphane Israël a réorienté l’offre d'Arianespace en passant des lancements doubles de satellites géostationnaires à des solutions adaptées aux grandes constellations en orbite basse et à la diversité croissante des satellites», rappelle le groupe dans son communiqué. De quoi atteindre en 2021 une cadence de 15 lancements. Arianespace affiche aujourd’hui un carnet d’une trentaine de lancements pour Ariane 6 et de 15 pour Vega C.

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Un nouveau venu pour redonner du souflle

Pour autant, son successeur a devant lui un immense chantier, tant l’industrie spatiale européenne a été distancée ces dernières années, en particulier par l’américain SpaceX. Diplômé de l'Ecole Polytechnique (promotion 2008) et de l’ENSAE Paris (2012), David Cavaillolès n’est pourtant pas une figure bien connue au sein de la filière aéronautique et spatiale. Il a débuté sa carrière dans le secteur public français : il a fait ses débuts en 2013 au sein de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), puis a rejoint l’inspection générale des finances deux années durant.

C’est en 2017 qu’il se frotte vraiment au domaine spatial, en tant que conseiller ministériel en charge de la politique spatiale française, aux côtés de la ministre Frédérique Vidal. Il officie ensuite, de 2019 à aujourd’hui, dans l’entreprise de conseil en stratégie Capgemini. «David Cavaillolès est bien branché data», glisse un acteur de l’industrie spatiale française, y voyant peut-être la volonté de s'orienter davantage vers les services.

L’arrivée d’un tel profil à la tête d’Arianesapce reflète sans aucun doute la nécessité pour Arianespace d’engager un renouveau face à un paysage industriel en complète reconfiguration dans ce secteur, entre la multiplication des micro lanceurs, la concurrence à venir avec d'autres gros lanceurs et l’agressivité commerciale d’un SpaceX.

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