Ce pare-choc n’est pas comme les autres : il comporte un radar qui n’est pas un détecteur anti-collisions ordinaire, mais un véritable imageur qui perçoit et analyse en 3D l’environnement du véhicule. Une innovation dévoilée au CES 2023 par Plastic Omnium, l’un des principaux équipementiers de l’industrie automobile, et Greenerwave.
Cette deeptech française est connue pour le développement de métasurfaces, à savoir des surfaces fonctionnalisées électroniquement qui servent à contrôler la réflexion d’ondes radiofréquences (RF), notamment dans le but de les focaliser (beamforming). Greenerwaves affiche ses ambitions dans les télécoms et les systèmes d’aide à la conduite, lesquels utilisent une plage de fréquence entre 77 et 81 GHz.
Les deux partenaires ont exploité les propriétés intrinsèques de ces métasurfaces et une architecture particulière pour mettre au point ce système d’imagerie radar. L’émetteur/récepteur radiofréquence, composant électronique central, est ici physiquement séparé des six antennes, de grande taille et réparties dans le pare-choc de manière à « augmenter l’ouverture et la résolution du radar ainsi que la surface de réception des échos radar », indiquent les deux partenaires dans leur communiqué officiel.
Une résolution angulaire proche de celle du lidar
Résultat, la résolution angulaire azimutale serait inférieure à 0,5°, proche de celle obtenue avec un lidar, et le champ de vision supérieur à 180°. A la différence près que les ondes RF ne sont pas perturbées par les intempéries (pluie, brouillard…), contrairement au faisceau infrarouge d’un lidar.
La partie logicielle, sur laquelle Greenerwaves a travaillé (et que Plastic Omnium a prévu d’industrialiser plus tard), est ensuite capable d’interpréter ces images et de classifier les divers objets (voitures, piétons, deux-roues…) circulant sur la route ou à ses abords immédiats. Il s’agit par ailleurs d’un imageur radar 4D, c’est-à-dire qu’il mesure la vitesse relative de ces objets par analyse du temps de vol des ondes RF.
L’intégration mécanique et électronique serait également facilitée par rapport à celle d’une configuration classique, incluant un radar frontal et deux radars aux extrémités du pare-choc. La consommation énergétique de l’ensemble serait de moins de 15 watts, mais les deux sociétés ne donnent aucun élément de comparaison.
Dans la famille des capteurs destinés à la mobilité en partie autonome, voici donc une nouvelle option qui serait mise à disposition des constructeurs automobiles en 2026. Elle s’annonce comme une sérieuse concurrente du lidar, plus coûteux et plus volumineux, limitations que la photonique sur silicium (exemple avec la deeptech Steerlight) pourrait faire sauter. La course ne fait que commencer…



