Dassault Aviation a présenté ses résultats financiers pour le premier semestre 2023 ce 20 juillet, soit quelques jours après l’annonce de négociations officielles avec l’Inde pour l’achat de 26 nouveaux Rafale. «Le carnet de commandes devrait en toute logique augmenter avant la fin de l’année.» s’est félicité Eric Trappier, PDG de l’avionneur. Le dirigeant précise que certaines de ses usines fabriquant les pièces primaires des Rafale tournent déjà à une cadence permettant de produire trois Rafale par mois afin de servir plus rapidement l’ensemble de ses clients.
L’avionneur affiche un carnet d’affaires de 34,4 milliards d’euros composé de 160 Rafale et de 90 avions d’affaires Falcon. Sur la période, les prises de commandes ont toutefois été divisées par 10 à 1,6 milliard d’euros par rapport à la même période en 2022, quand l’avionneur avait décroché le contrat de vente de 80 Rafale pour les Emirats arabes unis.
Le chiffre d’affaires a également reculé de 3,1 milliards d’euros à 2,3 milliards, la société ayant livré moins de Rafale sur le premier semestre 2023 par comparaison à la période précédente (quatre contre sept) et moins d’avions d’affaires (neuf contre quatorze).
Pour Dassault Aviation, les sujets d’inquiétude concernent donc plus ses activités civiles que défense. L’avionneur constate un ralentissement sur le marché de l’aviation d’affaires. «Le rebond de croissance observé en 2022, consécutif à la période Covid, a commencé à ralentir au cours du dernier trimestre 2022, ralentissement qui s’est poursuivi au premier semestre de cette année», indique le groupe dans son communiqué financier.

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Des incitations plutôt que des normes
Eric Trappier s’est par ailleurs interrogé sur le traitement des instances européennes vis-à-vis du secteur de l’aviation d’affaires malgré les efforts qu'il assure déployer pour utiliser des carburants d’aviation durables. «On est un peu surpris que l’aviation d’affaires ait été exclue de la taxonomie verte définie à Bruxelles, qui n’a pris en compte que l’aviation commerciale, a-t-il déclaré. Nous avons pourtant déjà engagé la décarbonation du secteur puisque nous utilisons des SAF (carburants d'aviation durables, ndlr), Dassault Aviation comme l’ensemble des acteurs de l’aviation d’affaires dans le monde». Selon le groupe, ses avions d'affaires volent déjà avec 30% de SAF. Ils pourraient voler dès maintenant avec 50% si ces mélanges étaient disponibles. «Le Falcon 10X sera le 1er Falcon compatible 100% SAF», précise l'avionneur.
L'entreprise dit ainsi envisager des recours juridiques pour rupture du principe d’égalité. «Cela ne nous gêne pas nous directement mais cela peut handicaper certains de nos sous-traitants, principalement les PME en France», a poursuivi Eric Trappier. Selon lui, l’aviation mondiale est responsable à hauteur de 2% des émissions mondiales de CO2 et l’aviation d’affaires pour 2% de ces 2%, soit 0,04%. «Pour une année d’utilisation de tous nos Falcon en vol, soit une flotte d’environ 2 000 appareils, cela équivaut à 24h de flux mondial de streaming vidéo, 5h de trafic mondial de camions, ou 2,5 jours de fonctionnement des centrales thermiques de nos voisins allemands», a tenu à relativiser le dirigeant.
Pour Eric Trappier, l’Europe pourrait s’inspirer du modèle américain. «Les Etats-Unis vont vite dans la décarbonation grâce à la mise en place d’un système d’incitations. L’Europe a choisie la voie de l'hyper réglementation. C’est quelque chose que nous dénonçons car nous n'en voyons pas l’efficacité».



