Comment va fonctionner le fonds d'aide aux équipementiers automobiles de 600 millions d'euros

Comment et par qui vont être investis les 600 millions de capitaux qui vont être injectés dans le secteur des équipementiers automobile ? Explication de texte avec Alexandre Ossola, actuel directeur du Fonds Avenir Automobile géré par Bpifrance.

 

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Snop
Bpifrance a déjà investi dans Snop via le fonds Avenir Automobile.

C’est l’un des volets du plan de relance de l’automobile : 600 millions de fonds propres pour moderniser et soutenir les entreprises de la filière. L’Etat injectera 400 millions et les deux grands constructeurs français se montrent solidaires puisqu’ils mettent aussi chacun sur la table 100 millions d’euros malgré les temps difficile qui les attendent. Car pas d’industrie automobile en France sans équipementiers de qualité à proximité.

Les entreprises dotées de "bons fondamentaux" et les autres

Bpifrance sera à la manœuvre pour déployer la stratégie, mais il ne sera pas le seul : "Les 600 millions de fonds propres permettront des investissements de modernisation chez des équipementiers qui ont des bons fondamentaux, mais ils devraient alimenter aussi un fond privé de retournement. La répartition des montants va se décider prochainement avec l’Etat et les constructeurs", explique Alexandre Ossola.

Bpifrance était déjà le gestionnaire du Fonds Avenir Automobile qui a lui-même pris le relais en 2014 du FMEA (Fonds de modernisation des équipementiers automobiles), créé en 2009 après la crise des subprimes. Son directeur promet un nouveau souffle. "Le mouvement de digitalisation et d’électrification nécessite des capacités en fonds propres mais il ne s’agit pas de revenir sur la mobilité d’il y a 10 ans".

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L'expérience du fonds Avenir automobile

 Au global depuis 2009, environ 600 millions d’euros ont été investis dans une trentaine d’entreprises. L’un des succès du précédent fonds est le développement de la société FSD-SNOP qui a multiplié son chiffre d’affaires par trois en 10 ans tout en diversifiant son portefeuille de clients. L’apport de capitaux propres lui a en particulier permis d’acquérir des actifs d’une autre société alors en difficultés (Wagon automotive). Et il a aussi accompagné le développement d’autres entreprises comme Plastivaloire ou Mécaplast, devenu depuis Novares (de nouveau sous tension avec la mise à l’arrêt du secteur par l’épidémie).

Le fonds a connu aussi quelques échecs, en particulier avec la société Altia. Le rendement global du fonds Avenir Automobile n’est pas communiqué, il n’est connu que de Bpifrance et de ses souscripteurs, les constructeurs et grands équipementiers mais selon Alexandre Ossola «"l a aidé avec succès des équipementiers à diversifier leur portefeuille clients ou géographiques ou à se développer à l’international".

Consolidation en vue

Les futurs investissements auront de nouveau pour but d’augmenter la taille des sous-traitants de rang 1 ou de rang 2 pour les rendre plus résistants. "Une consolidation reste encore à mener dans certains secteurs et la crise révèle des fragilités. La filière de la fonderie et de la forge est ainsi encore trop fragmentée". L’expérience du passé montre que les dirigeants des entreprises n’ont pas toujours voulu mettre en œuvre des plans de regroupement. "Pour assurer la consolidation, quand on investira, il faudra parfois être plus directif sur les engagements des directions", prévient Alexandre Ossola. Malgré tout cela, le directeur du fond ne se voile pas la face : "Je crains un peu de casse dans la filière".

L’équipe qui sera en charge du retournement, métier qui n’est pas celui de Bpifrance, n’est pas encore dévoilée.   

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