Bien que plus fine qu’un cheveu humain, la couche d’aluminium présente dans les emballages de liquides alimentaires en carton aseptiques est responsable d’environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre liées aux matériaux de base utilisés par Tetra Pak. En outre, selon une étude environnementale réalisée pour le fabricant en 2021, quelque 40% des consommateurs se déclarent prêts à trier davantage les emballages « s’ils étaient entièrement en carton et ne contenaient pas de plastique ou d’aluminium ». Autant de raisons pour chercher à remplacer cette couche, pourtant essentielle dans la protection des aliments. Après plus de quinze mois de recherche au Japon, Tetra Pak a mis au point une alternative à base de fibres.
Protection contre l’oxygène
La démarche s’inscrit dans le cadre de l’ambition du groupe d’origine suédoise de « proposer un emballage aseptique entièrement renouvelable », de réduire son empreinte carbone et d’en améliorer la recyclabilité. Les essais menés en Asie ont permis d’appréhender les conséquences sur la chaîne de valeur du remplacement de cette couche d’aluminium, qui représente environ 4 à 5% de la structure des briques aseptiques, et de mesurer l’impact généré par cette substitution en termes de réduction de l’empreinte carbone. Ils ont également confirmé que cette nouvelle barrière offre à certains liquides, tels des jus de légumes, une protection contre l’oxygène, « tout en permettant d’augmenter les taux de recyclage dans un pays où les consommateurs privilégient les cartons sans aluminium », indique Tetra Pak.
Réduction du CO2
Poursuivant ses tests, le groupe d’emballage a développé une nouvelle version, qui est désormais en phase d’expérimentation commerciale, en collaboration avec certains clients. La validation de cette technologie est prévue pour le second semestre 2022. « Les premiers résultats suggèrent que les emballages dotés de cette nouvelle couche en fibres permettront une réduction importante du CO2 par rapport aux briques aseptiques traditionnelles, pour une durée de conservation et des propriétés de protection alimentaire comparables, confie Gilles Tisserand, vice-président climat et biodiversité de Tetra Pak. En outre, les emballages carton à forte teneur en papier sont également plus attrayants pour les recycleurs de cette filière ; ce concept présente donc un potentiel évident dans le cadre d’une économie circulaire à faible émission carbone pour les emballages. »



