Multipliant les relations bilatérales avec l’Allemagne et l’Italie, la France est au cœur du jeu spatial européen. En marge d’un sommet franco-italien qui s’est tenu à Rome le 26 novembre, le ministre de l’Economie et des finances, Bruno Le Maire a rencontré son homologue italien Vittorio Colao pour relancer la stratégie européenne dans le domaine des lanceurs.
En juillet dernier, le patron de Bercy avait déjà rencontré Peter Altmaier son homologue allemand sur cette même thématique. L’enjeu est à chaque fois le même : aplanir les différences entre les trois principaux acteurs du spatial en Europe et surtout redonner de la compétitivité aux lanceurs européens, Ariane et Vega, qui subissent la concurrence frontale de SpaceX et de ses fusées réutilisables.
L’accord signé en Italie va dans ce sens. Il réaffirme le principe d’une préférence européenne en matière spatiale, soit le lancement des satellites institutionnels européens par des lanceurs européens.
Des lanceurs capables d'emporter des charges plus lourdes

- 17093.18-0.23
Mars 2026
Cours mensuel du nickel - settlement$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 95.92+1.23
9 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
Par ailleurs, la France et l'Italie ont pris des mesures pour optimiser l’organisation industrielle des lanceurs entre les deux pays. Ainsi l’activité de production des turbopompes des moteur Vulcain et Vinci va être transférée à Vernon (Eure) en France. Elle était auparavant réalisée à proximité de la capitale italienne, à Colleferro, par le constructeur local Avio, maître d’œuvre industrielle de la fusée Vega. «Cela a le double avantage d’une part de contribuer à l’optimisation du schéma industriel d’Ariane 6 et d’autre part de tenir l’engagement du ministre au sujet des compensations sur le site de Vernon suite au départ de l’assemblage du moteur Vinci». Selon Bercy, ce transfert apporterait une nouvelle charge de travail correspondant à plusieurs dizaines de collaborateurs. «On a un ensemble de mesures et de projets qui amèneront dans les prochaines années à une croissance de l’activité sur le site de Vernon, à un renforcement de son rôle comme pôle de compétence en matière sur la propulsion liquide en Europe ainsi qu’à une diversification sur d’autres activités», précise-t-on au ministère de l’Economie.
La réponse à la concurrence de SpaceX passe également par des lanceurs plus compétitifs. Les deux pays ont ainsi convenu de financer des développements complémentaires pour permettre à Ariane 6 et Vega d’emporter des charges utiles plus lourdes. «Cette mesure rendra les fusées plus compétitives notamment à l’export», espère-t-on du côté de Bercy. Le gain des performances attendues n’ont toutefois pas été précisé.
Augmentation de la poussée du moteur Vinci
Cette décision devrait toutefois consolider les travaux en cours réalisés à Vernon d’une version plus puissante du moteur Vinci à 200 KNewton contre 180 KNewton dans sa version d’origine. Par ailleurs, il est prévu de réaliser des développements technologiques additionnels afin qu’Ariane 6 soit adaptée au marché des méga-constellations et que l’Italie développe ses compétences dans le domaine de l’observation satellitaire. La France et l’Italie ont également convenu de collaborer à plus long terme, notamment en travaillant sur des motorisations communes dans le cadre de lanceurs de nouvelle génération.



