Comment Blast veut faire émerger un SpaceX à la française

Le programme Blast, porté par plusieurs acteurs de l’aéronautique, vise à faire émerger une nouvelle génération de start-up tricolores. Objectif : en soutenir 20 par an et susciter des levées de fonds de 2 à 3 millions d’euros pour chacune d’entre elles.

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Avion électrique Ampaire
A l'instar de l'entreprise californienne Ampaire et de son avion électrique, Starburst cherche avec le programme BLAST à faire émerger des start-up françaises dans l'aérospatial et la défense.

Blast fera-t-il souffler un vent nouveau dans l’aéronautique, le spatial et la défense ? C’est l’ambition de ses initiateurs qui ont annoncé fin novembre la couleur : il faut favoriser l’éclosion de start-up dans ce secteur stratégique. Car si la France est une terre aéronautique, riche de grands groupes et de centres de recherches de haut vol, la place réservée aux petites structures porteuses de projets technologiques de rupture reste trop faible.

Or leur apport peut être déterminant alors que le secteur fait face à de nouveaux enjeux, tels que l'environnement, la connectivité, les nouvelles mobilités ou bien encore le déploiement des services. Avec un lancement prévu pour janvier 2021, Blast a pour ambition de porter environ 20 start-up de deep tech par an.

"Ce projet remonte presque aux origines de Starburst Accelerator, précise François Chopard, fondateur et dirigeant de cet accélérateur de start-up qui a depuis sa création en 2012 essaimé dans le monde entier. Il part du constat qu’il n’y a pas assez de start-up dans l’aérospatial et la défense et très peu encore qui rencontrent le succès, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis et en Israël". Et le dirigeant de préciser qu’il y a deux ans, le PDG du centre français de recherche aérospatiale (ONERA) lui avait fait savoir sa volonté de valoriser des projets restés dans les tiroirs de cet acteur discret mais incontournable de la filière aéronautique française.

La BPI de la partie

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En coulisses, l’initiative prend forme peu à peu pour finalement embarquer à son bord d’autres participants : la SATT (Société d'accélération de transferts de technologies) Paris-Saclay, qui pourra apporter son expertise dans l’analyse et le transfert de technologies, et l’Ecole Polytechnique qui aura pour mission d’assurer une formation à l’entreprenariat deep tech des porteurs de projets. Autre acteur, et non des moindres, à s’associer à ce consortium de choc, la BPI. "Elle financera 50% du budget du programme, soit un million d'euros par an", chiffre François Chopard.

Concrètement, une équipe dédiée d’environ cinq personnes va être chargée de donner vie au programme Blast, au sein des locaux de Starburst Accelerator, dans le XVème arrondissement de Paris. A elle de détecter les projets les plus prometteurs dans des thématiques telles que l’aviation décarbonée (hybridation, hydrogène…), les nouvelles solutions de mobilité aérienne (taxis volants, avions régionaux…), l’intelligence artificielle ou bien encore les communications cloud sécurisées…

Un positionnement sensiblement différent de celui de l’agence innovation défense (AID). Lancée il y a deux ans, elle a pour vocation – sous la responsabilité de la direction général des armées (DGA) – de conseiller et d’aider au financement de projets civils et militaires soutenues par des structures préexistantes, pas à créer des start-up à proprement parler. Mais les liens entre l’AID et Starburst Accelerator existent bien : le second anime l’Innovation Défense Lab du premier, dans les mêmes locaux que ceux de l’accélérateur.

A la recherche de licornes

Le programme BLAST a in fine pour ambition de susciter, pour chaque start-up, des engagements commerciaux auprès des donneurs d’ordre et des acteurs institutionnels, ainsi que des levées de fonds d’amorçage comprise entre 2 et 3 millions d’euros. Des start-up qui pourraient notamment provenir de projets de l’Onera, et qui, une fois les fonds levés, sortiraient du programme Blast pour être éventuellement accélérées au sein de Starbust Accelerator.

Le rêve des initiateurs de Blast ? Faire émerger un SpaceX à la française. A tout le moins, créer une licorne – start-up valorisée à plus de 1 milliard d’euros – tricolore qui parviendra à valoriser à grande échelle une rupture technologique en séduisant les investisseurs. Et pourquoi pas ? Avec Momentus qu’il soutient depuis 2018, Starburst prouve qu’il en est capable : l’entreprise californienne, dont le module de transport séduit SpaceX, pourrait être valorisée en bourse en janvier prochain à plus de 1 milliard de dollars. Aux entrepreneurs français de se jeter à l'eau.

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