Frédéric Chenard, dirigeant de Chromalpes et membre du consortium Chronos 2024 et Neptune, explique : « grâce aux différents travaux de la R&D pour la recherche des alternatives au chrome hexavalent, il y a aujourd’hui une meilleure compréhension des mécanismes réactionnels dans les bains électrolytiques et, qui permettrait d’avoir une démarche plus pragmatique dans la transposition des règlementations au niveau national. » Si les valeurs limites d’exposition professionnelles (VLEP) en France sont les plus basses d’’Europe, la VLEP est bien connue en France. Elle est contraignante depuis son abaissement de 50µg/m3 à 1µg/m3. Les entreprises ont anticipé cette sévérisation en investissant dans leur outil de production et continuent de le faire. Certifiée Iso 9001, Chromalpes, spécialisée dans le chromage dur (son cœur de métier), nickelage électrolytique, rectification, pratique une politique draconienne de respect des normes européennes et françaises pour répondre aux exigences du marché aéronautique, nucléaire et celui de la mécanique. En plus du service qualité, sécurité, environnement composé de trois personnes, sur un total de 40 personnes dans l’effectif, l’entreprise s’adjoint d’un conseil extérieur pour répondre à la demande de la DREAL, c’est un réel investissement dans la démarche d’une PME de la taille de Chromalpes sans oublier les investissements dans l’outil de production (automatisation des mesures de contrôle d’épaisseur des dépôts par exemple). Le savoir-faire est cinquantenaire, il est incontournable pour le marché du chromage dur. Les pièces confiées à Chromalpes ont une durée de vie élevées en raison de la technicité des dépôts.
La réalité industrielle se traduit pour l’entreprise rhône-alpine par un chiffre d’affaires en constante progression depuis plusieurs années avec plus de 400 clients par an. La valeur ajoutée de Chromalpes : la réparation (chromage-rechromage) qui contribue à une hauteur de 30 à 40 % de son activité. « Face au contexte géopolitique actuel qui est inédit, la réparation des pièces devient stratégique en termes d’impact environnemental et financier,» note Frédéric Chenard. Pour certains chromeurs et applicateurs rencontrés au salon Global Industrie, en mars dernier, l’avis est unanime : « si demain, il existe un procédé alternatif au chromage dur (Cr VI) qui soit compétitif, notamment pour les cahiers des charges les plus sévères, le basculement pourrait se faire très vite, » sans compter les qualifications qui peuvent être longues. Le chromage dur version chrome hexavalent tient une place particulière dans l’industrie depuis 1920 ; le challenge est colossal !
chromalpes La protection des pièces, un savoir-faire stratégique
crédit : Chromalpes



