Quelques mois après Stellantis, qui a dû remplacer Carlos Tavares, c'est au tour de Renault de devoir trouver un nouveau patron. Arrivé en 2020 pour redresser le constructeur tricolore, Luca de Meo va quitter le secteur automobile. Il va devenir directeur général du géant du luxe Kering.
Officialisée dimanche 15 juin lors d’un conseil d’administration, l’annonce a pris tout le monde de court. «C’est effectivement une grande surprise», réagit Guillaume Ribeyre, délégué syndical central du syndicat des cadres CFE-CGC. «Il n’y pas de signe qui laissait présager de son départ, surtout l’année de la présentation d’un nouveau plan stratégique». Baptisé «Futurama» et prévu pour l'été, il doit succéder au plan de redressement «Renaulution» qui a permis à l’entreprise de renouveler sa gamme tout en assainissant son compte de résultats.
Nouveau plan stratégique à dérouler
La nouvelle feuille de route stratégique, que l’on dit quasiment finalisée, doit permettre au groupe automobile de transformer l’essai avec un deuxième cycle consécutif de véhicules compétitifs grâce à un focus sur l’innovation et une ingénierie remaniée, plus rapide dans l’exécution. Renault est également en quête de diversification, par exemple dans le secteur de l’énergie, afin de réduire sa dépendance à la cyclicité du monde automobile.
Qui pour mener à bien cette mission ? Le conseil d’administration du groupe au Losange est d’ores et déjà en chasse, ce qui laisse supposer la désignation rapide d’un nouveau directeur général. En interne, plusieurs profils pourraient tirer leur épingle du jeu. Il y a Denis Le Vot, historique de la maison actuellement à la tête de la marque Dacia, véritable machine à cash du groupe Renault grâce à ses véhicules abordables. Autre candidat potentiel : Fabrice Cambolive, directeur général de la marque Renault, qui a, lui aussi, passé la totalité de sa carrière chez le Losange.

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Le profil de François Provost, le directeur des achats du groupe, également un vétéran de Renault, serait poussé par Luca de Meo, selon le journal Le Monde. Mais ses relations régulièrement sous contraintes avec les fournisseurs (dont il doit obtenir les meilleurs prix) pourrait jouer en sa défaveur. D'autant que l'Etat, qui possède 15,01% du capital du constructeur, aura son mot à dire.
Un troisième départ majeur en quelques mois
«Une autre piste pourrait être Josep Maria Recasens, responsable de la stratégie du constructeur depuis 2021 et, plus récemment, nommé CEO d’Ampère (la filiale dédiée à l’électrique et au logiciel, ndlr) depuis début avril», écrit dans une note le groupe financier européen ODDO BHF, qui estime que «le départ [de Luca de Meo] constitue une (mauvaise) surprise» pour une entreprise sur le chemin du retour, qui a déjà perdu ces derniers mois plusieurs grands dirigeants tels son directeur financier, Thierry Piéton (parti chez l’américain Medtronics), son directeur de l’ingénierie, Gilles le Borgne (parti à la retraite) ou encore son directeur des ressources humaines, François Roger (remercié).
Renault pourrait également regarder vers l'extérieur pour trouver son futur chef de file. Un nom circule avec insistance : Maxime Picat. À 51 ans, l’homme issu de PSA Peugeot Citroën avait la confiance de Carlos Tavares. Longtemps considéré une star montante de Stellantis, il en reste un élément stratégique à la tête de la division achats. Mais c’est l’italien Antonio Filosa qui lui a été préféré pour prendre la tête de constructeur franco-italo-américain. Pourrait-il passer à la concurrence ? Moins de 24 heures après l'annonce surprise du départ de De Meo, le suspense est total.



