La crise des semi-conducteurs frappe de plein fouet les constructeurs automobiles français. Faute de composants, les usines subissent des arrêts à répétition chez Renault et Stellantis. L’ampleur des pénuries dépasse de loin les prévisions. En octobre, Renault a estimé sa perte de production en 2021 à près de 500 000 véhicules. Fin juillet, le groupe au losange espérait encore limiter celle-ci à 200 000 unités. Selon des données d’Inovev, les 500 000 véhicules représenteront environ 17 % de la production totale de Renault en 2021.
« Sans ces unités perdues, Renault serait quasiment revenu au niveau de 2019. Cependant, il est difficile de confirmer si la perte de ces unités est seulement imputable au manque de semi-conducteurs », relève le cabinet d’analyse. Chez Stellantis, au moins 1,4 million de véhicules ne pourront pas être fabriqués, soit 21 % des volumes estimés par Inovev pour 2021. Renault et Stellantis gèrent leurs stocks de puces en privilégiant des véhicules à forte marge. Mais cette stratégie ne suffit pas à redresser les ventes. Au troisième trimestre, les deux groupes ont vu leur chiffre d’affaires diminuer fortement. Alors que les entreprises recourent au chômage partiel pour réduire leurs charges, les salariés subissent des pertes de rémunération.
L’organisation à flux tendu des chaînes génère également des tensions entre les constructeurs et leurs fournisseurs. « Personne n’est à l’abri d’une défaillance, résume Luc Chatel, le président de la Plateforme automobile (PFA). C’est toute la filière qui est aujourd’hui en soins intensifs, depuis les constructeurs jusqu’aux sous-traitants. » Pour le secteur automobile, ces pénuries écartent l’espoir d’une reprise rapide après la pandémie de Covid-19. IHS Markit prédit que la production automobile mondiale s’élèvera à 74,8 millions de véhicules en 2021. Un nombre à peine plus élevé qu’en 2020 (+ 0,3 %).

Vous lisez un article du numéro 3700 de L'Usine Nouvelle publié en décembre 2021



