Pour éviter la «caca-tastrophe» environnementale, une entreprise américaine a peut-être trouvé une solution. «Les couches sont la première source de déchets plastiques ménagers et la troisième source de déchets mis en décharge. Chaque bébé utilise environ 5000 couches», observe Miki Agrawal, le cofondateur d’Hero. Face à ces quantités astronomiques, un produit naturel pourrait faire office de remède : les champignons.
A l’extérieur, les produits, fabriqués par un sous-traitant canadien, ressemblent à n’importe quelle couche jetable. Ils promettent une protection anti-fuites super absorbante jusqu'à 12 heures. La différence ? Ces couches sont livrées avec un petit sachet de champignons mangeurs de plastique, avec une longue conservation. Il suffit de jeter le sachet en même temps que la couche usagée. «Les selles et l'urine de votre bébé sont les engrais qui favorisent la croissance de nos champignons», précise Hero.
Des déchets transformés en terreau
Les champignons adorent ! En présence d'humidité, ils contribuent à décomposer les matériaux de la couche. En sécrétant des enzymes, ils permettent de rompre les liaisons carbone du plastique, ce qui aboutit à la transformation des déchets en mycélium et en terreau riche en nutriments. Un processus qui n’a pas besoin d’installation spécifique. «Les décharges, souvent sèches, anaérobiques et contaminées, ne favorisent pas la décomposition naturelle», constate l’entreprise. Ici, le procédé de biodégradation prend une à deux semaines.
Constatant le pouvoir des champignons pour dégrader des composés carbonés complexes, Hero ne compte pas s’arrêter aux couches pour bébés et entend déployer son procédé breveté à d’autres produits industriels.
Des polymères complexes à valoriser
En France, le sujet prend également de l’importance. En avril dernier, l’Ademe a ainsi publié les conclusions d’une étude sur la valorisation organique de couches jetables. «Les polymères super absorbants contenus dans les couches ne sont pas pris en compte par la norme et leur devenir étudié au laboratoire a montré que cette famille chimique était difficile à caractériser et leur décomposition dans les composts est très incertain», fait valoir l’agence de la transition écologique. Dans le cadre d’un autre projet, elle préconise de se pencher sur l'éco-conception des couches.




