Carrefour déploie son propre système de consigne pour réemploi

En partenariat avec Coca-Cola, Heineken et Citeo, l’enseigne vient de lancer un nouveau programme dans 150 magasins Carrefour City parisiens.

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Carrefour, consigne pour réemploi
Jean Hornain (DG de Citeo), Alexandre Bompard (Pdg de Carrefour), Caroline Missika (directrice des affaires publiques et de la RSE de Heineken France) et Mickael Vinet (président de Coca-Cola France) lors du lancement du programme de consigne pour réemploi de Carrefour.

C’est Alexandre Bompard en personne, le président du groupe de distribution, qui est venu lancer le nouveau programme de consigne pour réemploi de Carrefour. Le système est d’abord déployé dans 150 Carrefour City à Paris, avec l’objectif de l’étendre à 500 magasins d’ici à 2026, afin d’atteindre un volume de 40 millions de bouteilles en verre réemployées à cet horizon et de, selon un communiqué du groupe, « démocratiser l’usage des emballages réutilisables sur le territoire national ».

« Nous avons effectué beaucoup d’expérimentations depuis 2020, ce qui nous a permis de comprendre les attentes de nos clients », a expliqué le dirigeant, en référence au dispositif Loop. « Aujourd’hui, nous avons un schéma holistique qui apporte des réponses à toutes les contraintes », complète Bertrand Swiderski, directeur de la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) de Carrefour. Le projet, soutenu par Citeo, associe les marques Coca-Cola, Gallia (Heineken), Evian et Badoit (Danone Eaux). « On va étendre ça dans d'autres magasins quand on aura compris exactement le nombre de visites et le nombre d'emballages que les gens ramènent », ajoute Alexandre Bompard.

Démontrer la pertinence du modèle économique

A travers cette initiative, Carrefour veut « faire du réemploi une habitude ancrée dans la vie des consommateurs français et réduire l’impact environnemental lié aux emballages ». L’enseigne entend également démontrer la pertinence du modèle économique et entraîner d’autres industriels et marques dans la démarche.

Une consigne de 10 et 20 centimes pour cinq références

Dans l’immédiat, dans un « corner » baptisé « La Consigne », cinq références sont proposées dans des bouteilles en verre : Coca-Cola regular et sans sucres, Badoit et Evian, toutes quatre en format 1 l, et, début 2024, la bière Gallia, en 33 cl. Une fois consommées, les bouteilles vides pourront être rapportées dans l’un des 150 magasins afin de récupérer le montant de la consigne directement en caisse, 20 centimes pour les grands formats et 10 centimes pour les petits. Elles seront ensuite retournées, via la flotte de Carrefour, à la plate-forme logistique du Plessis-Pâté (Essonne) du distributeur, puis dans les usines des marques partenaires pour être, à leurs frais, lavées, reremplies, réexpédiées et remises en rayon. Selon les données de l’Agence de la transition écologique (Ademe), citées par les représentants de Carrefour, une bouteille en verre réemployée permet d’économiser jusqu’à 51 % d’eau, 76 % de CO2 et 79 % d’énergie, et elle peut être utilisée jusqu’à 25 fois.

Défi audacieux

Le défi est audacieux, cependant, sur les plans à la fois économique et environnemental. Pour les seules bouteilles de Coca-Cola regular, elles sont vendues 2,90 euros l'unité, quand le format de 1,25 l en polyéthylène téréphtalate (PET) est affiché à 1,65 euro sur le site carrefour.fr. En outre, ces contenants sont renvoyés à l'usine de Gand (Belgique) de Coca-Cola Europacific Partners (CCEP). Pour les eaux, elles ne peuvent être embouteillées qu'à Evian (Haute-Savoie) et Saint-Galmier (Loire). De son côté, Heineken a mis en place un circuit plus optimisé : le brasseur sous-traite le lavage à Uzaje, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), le remplissage étant réalisé sur le site Gallia de Pantin (Seine-Saint-Denis).

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