Bourget 2025 : Pour sa première apparition, Anduril entre (fausse) modestie et coup d'éclat

En cassant les codes du secteur, le fabricant américain Anduril a présenté sur un modeste stand du salon du Bourget une maquette de son drone de combat Fury et sa gamme de missiles Barracuda conçus pour être produits en masse et à bas coût. Mercredi 18 juin, il a signé un partenariat inédit avec le groupe allemand Rheinmetall pour codévelopper et fabriquer une version destinée au marché européen de ses produits. 
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AFP NE PAS REUTILISER Anduril
Anduril a présenté pour la première fois en Europe une maquette à l'échelle 1 de son drone de combat, déjà sélectionné par l'US Air Force.

Hall 4, allée C, stand 194. Vous ne tomberez pas par hasard sur le stand du fabricant américain Anduril. Dans l’un des halls périphériques du Bourget, coincé entre les stands anonymes de fabricants de missiles sud-coréen et de moteurs turc, la boite qui secoue le landerneau industriel de la défense a pris ses quartiers dans un modeste espace. Le fournisseur du Pentagone qui monte, en développant l'autonomie de ses systèmes grâce à l'intelligence artificielle, casse les codes. Alors que la plupart des grands industriels de la défense disposent de grands espaces sur le statique ou dans les halls les mieux exposés, voire d'un chalet pour profiter des démonstrations aériennes, Anduril la joue discret. 

Compatibles pour une production en masse

La société n'a pas trouvé non plus utile d'organiser une conférence de presse pour se présenter, elle et ses produits, aux journalistes européens à l’occasion de sa première venue au salon du Bourget. Une discrétion qui tourne à la furtivité ! Mais la société Anduril, qui a annoncé le 5 juin dernier une nouvelle levée de fonds de 2,5 milliards dollars, a-t-elle encore besoin de faire sa publicité ? «Nous avons reçu énormément de visites de délégations», explique sur son stand Jackson Lingane, son porte-parole pour les plateformes et équipements aériens.

Il faut que dire que la société expose du lourd : une maquette à l’échelle 1 de son drone de combat, le Fury, présélectionné par le Pentagone en 2024 et qui devrait (déjà) effectuer son premier vol d’essai d’ici à fin 2025. Le porte-parole insiste sur la manière différente de faire  d'Anduril : «Nous concevons nos produits pour qu’ils soient simples à produire, sans recours à une supply-chain ou des matériaux complexes, dit-il. Cet appareil sera propulsé par un moteur d’avion de jet d’affaires déjà largement produit [le moteur Williams FJ44-4M, ndlr], qui compte déjà des millions d’heures de vol.»

Par contre, le train d’atterrissage a été, lui, conçu en interne «pour éviter les nombreuses défaillances et les retards de livraison qui interviennent sur ce type d’équipements», justifie Jackson Lingane. L‘objectif : produire le drone de combat Fury par centaines dès 2027. 

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Suspendus au plafond du stand, les missiles de croisière Barracuda, avec leurs systèmes d’ailettes, sont l’occasion d’une autre explication sur la manière de faire du groupe. «Nous avons conçu une famille dès le départ en reprenant des sous-ensembles communs et en utilisant des matériaux largement disponibles dans l’industrie. Ces missiles coûtent de l’ordre de 150000 dollars pièce, c’est dix fois moins que la concurrence», évalue le collaborateur d’Anduril. Toujours soucieuse de produire à bas coût, la société explique par ailleurs que ces missiles nécessitent deux fois moins de pièces pour leur assemblage, de quoi réduire de moitié le temps de production unitaire.

Partenariat inédit avec Rheinmetall

Malgré la modestie de son stand, Anduril n’en est pas moins adepte des coups d’éclats. Lors de la deuxième journée du salon, son PDG Brian Schimpf a fait le déplacement en toute discrétion pour signer un accord inédit avec le groupe allemand d'armement Rheinmetall. Celui-ci prévoit que les deux partenaires codéveloppent et coproduisent une version de son drone de combat Fury et de sa gamme de missiles Barracuda destinée au marché européen. Une manière agile pour le groupe américain d’élargir sa supply chain, et de respecter les contraintes de souveraineté de ses clients.

Les deux partenaires insistent d’ailleurs sur le fait que les clients européens pourront intégrer leurs propres systèmes de commande et de contrôle, capteurs et autres charges utiles à leurs équipements. «Nous nous appuyons sur cette base pour mettre en service de nouveaux types de capacités autonomes, rapides à produire, modulaires et alignées sur les exigences évolutives de l'Otan», s’est félicité Armin Papperger, le PDG de Rheinmetall dans un communiqué.

D'ores et déjà, Anduril prend rendez-vous pour la prochaine édition du salon. «J’espère que certains de nos produits voleront à cette occasion», énonce son porte-parole avec un sourire. Déjà sûr de l'effet auprès des visiteurs du salon qu'a déjà eu son stand, aussi modeste-soit-il.

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