Les déboires du 787 Dreamliner continuent. L'avionneur Boeing a suspendu les livraisons de ce modèle après avoir détecté un nouveau défaut de qualité, a-t-il indiqué dans un communiqué publié mardi 6 juin. Cette anomalie, qui ne remettrait pas en cause la sécurité de l'appareil, concerne un raccord au niveau du stabilisateur horizontal, qui permet à l'avion de conserver son équilibre lors du vol. Le groupe américain précise devoir inspecter les 90 exemplaires déjà fabriqués, à raison de deux semaines par appareil, mais assure que cet incident ne devrait pas, «pour le moment», l'empêcher d'atteindre son objectif de 70 à 80 livraisons pour 2023. Ce désagrément a néanmoins suscité l'inquiétude des investisseurs : l'action Boeing chutait de 3% après l'annonce.
Les craintes sont d'autant plus grandes qu'il ne s'agit pas du premier incident ayant affecté la production du Dreamliner : de nombreux défauts ont été découverts depuis l'automne 2020. Surveillé de près par l'Administration fédérale de l'aviation (FAA) depuis le double accident mortel du 737 MAX, Boeing a pris son temps pour procéder à des vérifications et apporter les correctifs exigés. Presque toutes les livraisons de l'appareil ont été stoppées jusqu'en août 2022, ce qui a entraîné pour l'avionneur un surcoût dépassant les 6 milliards de dollars.
Mauvaise nouvelle pour les fournisseurs tricolores
Début 2023, une erreur d'analyse d'un de ses fournisseurs sur la cloison de pressurisation à l'avant du long-courrier avait d'ailleurs engendré une nouvelle suspension temporaire des livraisons. Plusieurs fournisseurs-clés de Boeing ont subi les conséquences de ces arrêts intempestifs, dans un contexte où les chaînes d'approvisionnement de l'aéronautique sont déjà bien perturbées. Parmi eux figurent notamment les français Safran, Thales, Dassault Systèmes, Michelin, Radiall et Latécoère.
Ce nouveau défaut pourrait pousser certains clients de Boeing à se tourner vers son concurrent européen, Airbus. L'américain peut néanmoins compter sur un carnet de commandes bien rempli : pas plus tard qu'en mars, l'Arabie saoudite a commandé 78 Dreamliner pour ses deux compagnies aériennes, Saudia et Riyadh Air. De nouveaux contrats pourraient d'ailleurs être annoncés lors du Salon du Bourget, fin juin.



