L’aéronautique est à terre. Au sens propre : la pandémie mondiale clouant au sol une grande partie des flottes d’avions, Airbus s’est adapté à la chute de la demande des compagnies aériennes et a imposé une baisse de production – dès le printemps – de l’ordre de 40 % en 2020. Un effondrement de l’activité qui s’est propagé à toute la chaîne de fournisseurs.
Le plan de relance de 15 milliards d’euros du gouvernement lancé en juin aura servi d’amortisseur, mais n’empêchera pas la saignée qui se profile. Airbus, Safran, Thales, mais aussi Daher, Figeac Aero Latécoère, Lisi, Mecachrome, ou bien Derichebourg, entre autres : les plans de réduction d’effectifs se multiplient, qu’il s’agisse de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) ou de plans d’adaptation. Ils devraient être mis en oeuvre à partir de 2021. À terme, ce sont de 15 à 20 % des effectifs de la filière qui pourraient disparaître, soit entre 52 000 et 70 000 postes.
En coulisses, des acteurs comme le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) et ACE Management – qui gère le fonds ACE Aéro Partenaires – s’activent pour venir en aide aux entreprises. Alors que le retour à une croissance similaire à celle de 2019 n’est pas attendu avant 2024, les industriels s’ingénient à conserver leurs compétences clés. Souhaitée de longue date par le Gifas, la consolidation de la filière pourrait s’accélérer et aboutir à la création de groupes plus robustes.



