Pourquoi l’édition 2021 du salon aéronautique du Bourget n’aura pas lieu

En raison des incertitudes liées à l’épidémie de Covid-19, les organisateurs du salon aéronautique du Bourget ont décidé d’annuler l’édition 2021. Ils n’ont pas voulu prendre un risque financier qui aurait pu menacer directement l’événement.

Réservé aux abonnés
Bourget 2017 grand public
Pas de salon aéronautique du Bourget en 2021, pour cause de Covid-19.

Coup de massue pour le secteur aéronautique. La grande fête organisée tous les deux ans qu’est le salon aéronautique du Bourget, rassemblant professionnels et grand public, n’aura pas lieu comme elle aurait dû l’être du 21 au 27 juin 2021. L’organisateur – la SIAE (Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace de Paris-Le Bourget) – a annoncé cette décision lundi 7 décembre en mettant en avant les incertitudes liées à la pandémie mondiale de Covid-19. La prochaine édition du plus grand raout aéronautique mondial aura lieu en 2023.

"C’est une décision très lourde, c’est un crève-cœur de l’annuler, confie à L’Usine Nouvelle Gilles Fournier, le directeur général de la SIAE, filiale à 100% du GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales). Cela fait 18 mois que nous avions commencé à l’organiser, nous étions dans la dernière ligne droite. Mais ne pas prendre cette décision eut été irresponsable. Le maintien de l’événement aurait pu nous mener à la catastrophe et signifier la mort de la société". Des propos qui soulignent l’enjeu financier que représente le salon aéronautique du Bourget.

Eviter la catastrophe

L’événement génère entre 50 et 70 millions d’euros de revenus à chaque édition, pour une grande part issus des entreprises participantes. Les organisateurs craignaient de devoir annuler au dernier moment, pour cause de mesures sanitaires, un salon qui accueille quelque 300 000 visiteurs : environ 40 000 par jour durant les journées professionnelles et entre 60 000 et 80 000 lors de celles ouvertes au public. Ils prennent donc les devants pour éviter un remboursement total de l’ensemble des frais qui auraient été engagés.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Reste que la SIAE va devoir assumer des dépenses déjà effectuées. "La SIAE remboursera intégralement ses exposants des sommes versées et assumera seule les conséquences financières de sa décision", indique l’organisateur dans son communiqué, sans fournir de chiffre. Une précision qui satisfera les exposants, qui étaient près de 2 500 en 2019, en particulier les TPE et PME pour lesquels une participation au salon relève de l’investissement. Précision de Gilles Fournier : "je ne peux fournir ces éléments qui sont confidentiels, mais nous allons y perdre sans toutefois nous mettre en danger".

Prochain rendez-vous en 2023

Avant de prendre cette décision en forme de couperet, les organisateurs avaient évalué différents scénarios. Celui d’un report avant l’hiver 2021 n’était pas possible en raison de l’agenda du site à ce moment-là. Le repousser en 2022 n’était pas non plus envisageable : le salon britannique de Farnborough est organisé tous les deux en alternance avec celui du Bourget au même moment de l’année. Quant à la perspective d’une édition uniquement professionnelle, sans accueil du grand public, elle a un temps été considérée mais vite écartée car ne correspondant pas à l’esprit de l’événement.

L’annulation du plus grand salon aéronautique mondial intervient alors que le secteur est frappé par la plus grave crise de son histoire, le Covid-19 ayant mis à terre le transport aérien. Si l’édition 2021 n’aurait sans doute pas été celle de tous les records en matière de commandes d’avions, elle aurait pu être placée sous le signe de l’aviation décarbonée, comme celle de 2019 commençait à l’esquisser. "En 2023, nous ferons un grand salon", se console Gilles Fournier. Et le responsable de miser à cette date sur un événement qui marquerait enfin la reprise du secteur aéronautique.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.