Le SpaceX de l’aviation d’affaires est-il en train d’émerger? La start-up française Beyond Aerospace s’est, en tout cas, fixé pour objectif de développer un avion léger, silencieux et durable. Avec comme moyen d’y parvenir, l’hydrogène. Une stratégie imaginée dès le printemps 2020, lors de la création de cette start-up toulousaine, et confortée quelques mois après par l’annonce d’Airbus de lancer un avion à hydrogène pour 2035. S’il n’est encore qu’embryonnaire et si le design de l'appareil n'a pas été pour l'heure dévoilé, le projet a déjà beaucoup attiré l’attention.
Beyond Aerospace a en effet réussi une première levée de fonds au mois de juin, dont le montant n’a pas été communiqué. Son projet est en outre soutenu par le programme Blast, qui l’a retenu dans sa première sélection au mois de juin. Une initiative portée par l’accélérateur de start-ups Starburst Accelerator, et le centre français de recherche aérospatiale (ONERA), qui pourrait donner des ailes à la start-up, en affinant son modèle économique et en rendant plus attractif encore cet aéronef de nouvelle génération auprès des investisseurs.
Les grandes espérances
Beyond Aerospace est nichée dans l’un des vastes hangars de l’aéroport de Toulouse-Francazal. Un site en pleine reconversion, où se trouvent déjà des acteurs tels qu’Aura Aero, sur le créneau des petits avions électriques, mais aussi EasyMile et Hyperloop. Un pôle hydrogène devrait aussi voir le jour vers 2024, Safran et Liebherr ayant déjà assuré de leur participation.

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Beyond Aerospace ne manque pas d’ambitions malgré sa jeunesse. Loin de là. "L’aviation est l’un des derniers secteurs industriels à ne pas avoir été disrupté, lance Eloa Guillotin, présidente de la start-up. Les technologies au service d’un transport plus durable peuvent servir de levier". Et de lâcher: "Nous avons pour ambition de devenir à terme un nouveau constructeur dans le segment de l’aviation d’affaires". Beyond Aerospace vise avant tout un segment d’aéronefs ne dépassant pas une quinzaine de places, permettant une mise en oeuvre de l'hydrogène plus accessible que pour des avions de grande dimension.
Derrière Beyond Aerospace, on trouve trois ingénieurs aéronautiques qui ont pour point commun de vouloir secouer le monde de l’aéronautique via une nouvelle approche. Eloa Guillotin est en particulier issue de l’école Isae-SupAero, avec un plus un master innovation technologique et entreprenariat obtenu à l’Ecole Polytechnique. Encore discrète sur les innovations au cœur de son projet, la start-up assure avoir conçu un démonstrateur télécommandé de 3 mètres d’envergure et compte bientôt faire voler un avion à échelle humaine pour démontrer la viabilité de la chaîne propulsive développée. Quant à l’avion proprement dit, le calendrier est encore tenu secret.
Une concurrence qui s'exacerbe
Beyond Aerospace devra composer également avec des dizaines d’acteurs émergents, tous aussi actifs dans le domaine du transport aérien décarboné de petites distances. En ayant aussi fait le choix de l’hydrogène, l’entreprise américano-britannique ZeroAvia, créée en 2017, se pose en concurrent le plus direct de la start-up française. Elle a établi un ambitieux calendrier qui vise notamment le lancement d’un avion décarboné de 100 à 200 places à l’horizon 2030.
Dans le domaine de l’électrique, Beyond Aerospace va devoir batailler avec des acteurs français tels qu’Aura Aero et VoltAero, positionnés sur les vols régionaux décarbonés, ainsi qu’une pléiade de trublions comme les Américains Bye Aerospace et Ampaire. La start-up pourrait dévoiler, dans les prochains mois, une bonne partie de sa stratégie et expliquer comment elle compte faire la différence au sein de ce bestiaire de plus en plus peuplé d’aéronefs décarbonés.



