C’est la fin d’une ère chez Michelin. Michel Rollier, le président du conseil de surveillance du fabricant de pneumatiques clermontois, a annoncé qu’il "ne solliciterait pas le renouvellement de son mandat de membre du conseil à l’échéance de son mandat à l’issue de l’Assemblée générale ordinaire à convoquer en 2021 et qu’en conséquence, il quitterait ses fonctions de président du conseil de surveillance à cette même date", d’après un communiqué publié par l’entreprise lundi 7 décembre.
A 76 ans, Michel Rollier est le dernier dirigeant du groupe à être issu de la famille Michelin.
Il avait pris la direction de l’entreprise après le décès accidentel d'Edouard Michelin. Gérant du groupe entre 2005 et 2012, il avait ensuite laissé sa place à Jean-Dominique Senard – désormais président du constructeur Renault. C’est une femme qui doit désormais le remplacer à la présidence du conseil de surveillance, en la personne de Barbara Dalibard.
Une "passionnée de technologies"

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Désignée unanimement par les membres du conseil de surveillance, elle prendra ses fonctions à l’issue de l’Assemblée générale en 2021. Agée de 62 ans, Barbara Dalibard est à la tête de la Société internationale de télécommunication aéronautique (SITA) depuis 2016. Elle a réalisé la plus grande partie de sa carrière chez Orange, où elle a notamment dirigé la branche Orange Business Services, avant de prendre la direction générale de SNCF Voyages fin 2009.
Présentée à l’époque comme une "passionnée de technologies", Barbara Dalibard avait pris la direction des grandes lignes en pleine période de crise. C’est aussi une période délicate que traverse Michelin, comme l’ensemble de l’industrie automobile, chahutée par la crise économique liée à l’épidémie de Covid-19. Le président de la gérance, Florent Menegaux, a présenté un chiffre d’affaires en baisse au premier semestre de plus de 20%.
Nouveaux services
Mais la reprise de l’activité au cours du troisième trimestre a conduit Michelin à réviser ses prévisions à la hausse pour l’ensemble de l’année 2020. Avant même le début de la crise, la nouvelle direction du groupe s’est engagée à améliorer la compétitivité de ses usines, alors que la concurrence des acteurs asiatiques dans le domaine du pneumatique ne cesse de croître. Un argument également évoqué par le groupe japonais Bridgestone, qui a choisi de fermer son usine de Béthune dans le Pas-de-Calais.
En parallèle, Michelin se diversifie dans les solutions à plus fort contenu technologique, dont est sans aucun doute familière Barbara Dalibard. Lors de la nomination de Florent Ménégaux comme président de la gérance de Michelin, une division "Connected services" a notamment été créée au sein de l’unité "Services et solutions" pour développer de nouveaux services. Avec en ligne de mire le développement du véhicule autonome.



