Avec le coronavirus, même les fusées ne décollent plus. Pour se mettre en conformité avec les décisions du gouvernement face à l’épidémie de Covid-19, Arianespace a pris la décision de suspendre toutes ces campagnes de lancement au Centre spatial guyanais (CSG).
"Cette mesure exceptionnelle vise à préserver la santé des salariés et des populations locales, tout en assurant les conditions de sécurité requises pour la préparation des lancements planifiés", a précisé la direction d’Arianespace à travers un communiqué diffusé lundi 16 mars 2020.
La filiale d'Arianegroup et ses partenaires industriels sur la base ont donc été contraints de mettre en configuration d’attente et en condition de sécurité à la fois les lanceurs et les satellites. Parmi les campagnes reportées, celle de la fusée italienne Vega dont le tir était prévu le 23 mars prochain. Cette mission baptisée VV16 est délicate puisqu’il s’agit de son retour en vol après son explosion en juillet dernier environ deux minutes après son décollage. Pour cette nouvelle mission, elle doit mettre sur orbite une quarantaine de petits satellites.
Une mission délicate pour la fusée Vega

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Autre lanceur qui pourrait être concerné par ces mesures de report : la fusée russe Soyouz. Depuis la Guyane, elle doit mettre en orbite le satellite d’observation militaire Falcon Eye 2 pour le compte des Emirats Arabes Unis. Initialement prévu le 5 mars, le lancement avait été une première fois reporté en raison de vérifications complémentaires à mener sur l’étage Fregat de la mission Soyouz VS24.
Le CSG a déjà opéré deux lancements en 2020 avec Ariane 5, le 16 janvier puis le 18 février. Au Centre spatial guyanais, environ 40 entreprises spécialisées travaillent quotidiennement avec le CNES, l'Agence spatiale européenne et Arianespace afin de préparer chaque lancement d'Ariane, Vega et Soyouz. Sur site, ce sont près de 1 700 salariés qui assurent l’exploitation et le maintien en conditions opérationnelles de la base spatiale.
Cellules de crise et télétravail massif
Au-delà du CSG, c’est tout le CNES qui est mobilisé pour faire face au coronavirus. L’agence spatiale a décidé de réorganiser les activités de ses quatre centres : le siège, la direction des lanceurs, le centre spatial de Toulouse et le CSG. "Tout est en pause", a indiqué à L'Usine Nouvelle un salarié en télétravail forcé comme la plupart de ses collègues. Pas vraiment, en fait. Sur chaque site, une cellule de crise a été mise sur pied pour assurer les activités du plan de continuité d’activité. Cela concerne principalement les fonctions stratégiques d’opérations des satellites.
A Toulouse, en Haute-Garonne, les équipes continuent d’assurer les opérations et le maintien à poste des satellites sous la responsabilité du CNES, les activités de surveillance de l’espace ainsi que les opérations des services de secours et sauvegarde par satellite (Cospas-Sarsat et Galileo).



