Voilà une alliance inédite dans les télécoms. Elle s'est nouée entre l’opérateur télécoms historique japonais NTT et l’équipementier local NEC. Elle comporte deux volets, l’un capitalistique, l’autre technologique. L’enjeu est de garantir l’indépendance du Japon dans la 5G face aux "Big three", Huawei, Ericsson et Nokia, qui dominent le marché mondial des équipements mobiles.
Entrée dans le capital de NEC à hauteur de 5 %
NTT prend environ 5 % du capital de NEC en mettant dans la corbeille 600 millions de dollars, devenant ainsi le troisième actionnaire de l’équipementier télécoms nippon, après les banques The Master Trust Bank of Japan et Japan Trustee Services Bank. Voilà pour le volet capitalistique. Sur le plan technologique, les deux partenaires ont convenu de combiner leurs efforts de R&D pour développer des solutions "Made in Japan" qui assurent la sécurité des réseaux 5G, et donc la souveraineté du Japon. Le partenariat va au delà de la 5G et prévoit de travailler également sur la génération d'après, la 6G, en s'appuyant sur la technologie de communication optique de NTT.
Deux domaines de travail commun sont visés. L’un porte sur les équipements d’accès radio virtualisés conformément aux spécifications du consortium O-RAN (Open radio area network), dont Nokia est l’équipementier leader aujourd'hui. L’autre concerne les technologies de cœur de réseau. Elle est considéré comme la partie la plus sensible des réseaux 5G.
NEC fait partie des trois seuls équipementiers au monde aux cotés de Huawei et Nokia à être présent de bout en bout dans les réseaux, depuis les antennes d'accès jusqu'au transport de données sur fibres optiques, en passant par le routage de trafic, la commutation ou encore les câbles sous-marins.
Partenariat de NEC avec Samsung
Comme l’Europe, le Japon comptait de nombreux équipementiers télécoms dont NEC, Fujitsu et Oki. Mais après l’implosion de la bulle de l’internet en 2001, les quelques survivants se sont repliés sur leur marché local. Pour rattraper leur retard dans la 5G, Fujitsu a noué un partenariat avec le suédois Ericsson et NEC avec le coréen Samsung, qui a émergé comme le cinquième équipementier télécoms mondial derrière Huawei, Ericsson, Nokia et ZTE.
Sous la pression des Etats-Unis, le Japon a symboliquement restreint l’accès de son marché aux équipementiers chinois dans la 5G, sachant qu’il a pour habitude de faire appel uniquement aux équipementiers locaux pour ses réseaux. L’alliance entre NTT et NEC est la première du genre dans le monde entre un opérateur historique des télécoms et un équipementier national.



