Les syndicats s'entendent avec le patronat en Allemagne pour augmenter les salaires dans l'industrie. L'accord, scellé après un marathon de dix-huit heures de négociations, devrait profiter à quelque 3,9 millions d'employés de sociétés d'ingénierie et d'automobile telles que Mercedes-Benz, BMW, Siemens et Thyssenkrupp, mettant ainsi un terme aux grèves de dizaines de milliers de travailleurs. Il prévoit une augmentation de salaire de 2% à partir d'avril 2025 et de 3,1% supplémentaires à partir d'avril 2026, ont déclaré les sections régionales du syndicat IG Metall.
Cette hausse est inférieure à celle de 7% demandée par le syndicat, mais supérieure à une offre préalable des employeurs, qui proposaient une augmentation de 3,6% sur une période de 27 mois.
Un effet possible sur l'inflation
L'accord, qui sera surveillé par la Banque centrale européenne (BCE) pour son effet possible sur l'inflation, intervient alors que la plus grande économie de la zone euro entre dans sa deuxième année de contraction et est embourbée dans une crise gouvernementale après l'éclatement de la coalition du chancelier Olaf Scholz la semaine dernière. Berlin doit également faire face aux risques liés aux tensions commerciales avec la Chine et aux incertitudes liées au retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis en janvier prochain.
L'accord intervient également à un moment particulièrement difficile pour l'industrie allemande, certaines des plus grandes entreprises du pays, dont Volkswagen, prévoyant des réductions des coûts pour faire face à la concurrence de leurs rivaux chinois. Volkswagen entamera la semaine prochaine un troisième cycle de négociations salariales et sur d'éventuelles fermetures d'usine après avoir demandé aux travailleurs de sa marque éponyme d'accepter une baisse de salaire de 10%, arguant que les coûts de main-d'œuvre sont trop élevés. Un porte-parole du comité d'entreprise du constructeur automobile s'est félicité de l'accord syndical, mais a refusé de s'exprimer sur ses conséquences sur les négociations en cours au sein du groupe. «Nous avons besoin d'un allègement des coûts, pas d'une charge, et nous avons fait des propositions en ce sens», a-t-il déclaré.
(Alexander Huebner et Ilona Wissenbach, avec la contribution de Christina Amman, Diana Mandiá)


