C’est un champion caché de l’automobile. Depuis son siège de Champfromier (Ain), Akwel emploie plus de 11 000 salariés répartis dans 41 sites industriels, eux-mêmes implantés dans 20 pays à travers le monde. Anciennement connu sous le nom de MGI Coutier, cet équipementier français est spécialiste du management des fluides et des mécanismes. Un savoir-faire que l’entreprise familiale (détenue à 69,7% par les Coutier) met désormais en œuvre pour assurer un futur de l’auto sans diesel, ou presque.
Une diversification qu’Akwel va poursuivre en 2021… Grâce notamment à la solide base financière que le groupe est parvenu à préserver en 2020. La crise sanitaire a affecté son chiffre d’affaires, avec un recul de 15% à 937 millions d’euros. Mais dans le même temps, Akwel est parvenu à afficher une marge opérationnelle de 12% et un résultat net de 85 millions d’euros. «Nous avons bien sûr pris des mesures de réduction des coûts au début de la crise, justifie Mathieu Coutier, son président. Avant le confinement de mai, nous avons constitué des stocks de produits finis. Cela nous a permis de redémarrer nos usines au moment où l’activité avait déjà bien repris», ajoute le dirigeant, pour qui le travail de longue date sur la performance des sites a aussi agi comme un rempart. «La robotisation et digitalisation de la production nous a permis de progresser sur la qualité des produits. Mais aussi d’améliorer notre compétitivité dans un marché très concurrentiel», note Mathieu Coutier.
25% des commandes dans les nouveaux produits
Le dirigeant d’Akwel se montre toutefois plus prudent pour l’année en cours. «Nous n’avions pas observé de tensions sur les matières premières et composants en 2020. Ces phénomènes auront certainement un effet sur nos résultats», anticipe-t-il. Malgré ces vents contraires, Akwel va continuer à investir dans le développement de nouveaux produits, qui ont déjà représenté 25% de ses prises de commandes en 2020. Le groupe veut aller plus loin qu’un simple passage du diesel à l’essence (en réalité pas si évident que cela pour les fournisseurs automobiles). «Nous avons une vision très positive de la hausse des ventes de véhicules hybrides. Ces modèles ont des besoins supérieurs aux voitures thermiques. Il y a des enjeux sur la régulation de la température des moteurs thermiques et électriques, mais aussi sur les batteries. Ce sont des activités sur lesquelles nous cherchons à nous positionner», liste Mathieu Coutier.

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Autre axe de diversification pour Akwel : l’hydrogène. «Il existe des passerelles naturelles entre les véhicules thermiques et hydrogène. Là encore, nous voulons répondre aux besoins de régulation de la température de la pile à combustible, ou aux défis en matière de transfert de carburant du réservoir à la pile», souligne le dirigeant. Le potentiel est conséquent : Akwel estime que le contenu par véhicule hydrogène est proche de celui d’un modèle diesel.
Candidat à la reprise de Novares
«Cette diversification suppose un gros effort d’adaptation. Il faut mettre en place de nouveaux process dans nos usines, et faire évoluer notre panel fournisseur. Mais nous considérons que c’est à notre portée», croit Mathieu Coutier. Pour consolider sa diversification, le groupe dit rester attentif aux opportunités de croissance externe. L’année dernière, Akwel s’était positionné un temps sur la reprise de Novares, un concurrent de taille semblable (un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2020).
En parallèle, le groupe veut faire fructifier la nouvelle activité qu’il développe en partenariat avec Tallano. A l’image des tests en cours dans le ferroviaire, Akwel travaille depuis quasiment un an avec la start-up sur la captation des particules fines au freinage. L’équipementier souhaite concentrer ses efforts sur les voitures particulières et les véhicules utilitaires, estimant que 85% des émissions liées à l’usage d’un véhicule roulant ne sont pas régulées.
Une vaste transformation qui engendre aussi son lot d’arbitrages difficiles. Akwel a ainsi enclenché cette année le processus de fermeture des Mureaux (Yvelines), un site qui emploie environ 50 personnes. "Il est difficile d’assurer la compétitivité d’usines de petite taille alors que la production de véhicules en France ne cesse de se réduire", déplore Mathieu Coutier. Les activités des Mureaux devraient être transférées sur deux autres sites Akwel à Nesle (Somme) et Beaurepaire (Isère).



