Airbus supprime 3 500 postes à Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire aussi touchés

Airbus a détaillé la répartition des quelque 5 000 suppressions de postes qu'il prévoit en France. Toulouse paie le plus lourd tribut dans le cadre de ce plan de restructuration, avec 3 500 suppressions de postes. Le détail par site.

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Usine de Nantes d'Airbus Chaine de fabrication des entrees d'air, Avion Airbus A350 et A380
L'usine de Nantes d'Airbus (photo) va comme les autres sites d'Airbus en France faire face à de nombreuses suppressions de postes, 5 000 au total.

Deux jours après l’annonce de son plan de restructuration, Airbus lève le voile sur la répartition par site des 15 000 suppressions de postes. L’avionneur européen a communiqué jeudi 2 juillet aux organisations syndicales le détail des 5 000 suppressions de postes (4952 exactement) qui vont toucher l’ensemble de ses sites français. Le fief toulousain va subir le plus lourd tribut, avec 3 378 suppressions de postes, dont 2 398 à la production, 980 au siège, selon le syndicat FO joint par L'Usine Nouvelle.

Un total de 386 postes vont également être supprimés au niveau du site de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et 484 à Nantes (Loire-Atlantique). Tous les sites de la filiale du groupe, Stelia, sont aussi touchés, avec 201 postes supprimés à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), 95 à Rochefort (Charente-Maritime), 290 à Méaulte (Somme), 82 à Mérignac (Gironde) et 36 à Colomiers (Haute-Garonne). Soit un total de 704 suppressions de postes. Enfin, 19 postes vont être supprimés côté Airbus au sein la société commune détenue avec l'italien Leonardo, ATR (avionneur spécialisé dans les turbopropulseurs) sur un total de 186 postes supprimés en France, les 167 autres étant comptabilisés au sein du GIE. Mais ces chiffres concernant ATR ne sont pas inclus dans la plan annoncé par Airbus.

"Au niveau des 4200 postes supprimés au sein de la division aviation commerciale, les deux tiers concernent les cols blancs et un tiers les cols bleus", précise Edwin Liard, secrétaire fédéral FO et membre du comité stratégique de filière aéronautique. Les négociations entre le groupe et les partenaires sociaux devraient aboutir d'ici la fin du mois d'octobre. Tout l'enjeu pour les syndicats va être d'empêcher les licenciements secs.

Chez Airbus, on assure que ces chiffres sont des estimations hautes. Les différentes aides gouvernementales pourraient permettre dans les prochains mois de limiter la casse sociale alors que les syndicats sont vent debout contre les licenciements secs. Face au tollé généré par l’annonce de ce plan, la direction a d’ailleurs précisé qu’environ 1 500 emplois sur ces 5 000 pourraient éventuellement être sauvés : 1 000 grâce au dispositif d’activité partielle longue durée et 500 grâce au budget supplémentaire alloué par l’état au Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac) de 1,5 milliard d’euros sur trois ans.

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Un plan excessif?

Ce plan est-il « excessif », comme l’a fustigé le ministère de l'Économie et des Finances ? Il tire son origine d’un trou d’air inédit dans les livraisons d’avions du groupe : en raison des demandes de reports et d’annulations de commandes de la part des compagnies aériennes, Airbus est contraint de réduire de 40% sa production en 2020 et en 2021, par rapport aux prévisions qui avaient été faites. Le report mécanique de cette baisse de charge sur la main d’œuvre de la division aviation commerciale, qui compte dans le monde 90 000 salariés (filiales comprises), représenterait quelque 36 000 emplois menacés…

Le plan annoncé par Airbus représente in fine 11% des effectifs globaux de l’avionneur. Son ampleur est donc très proche de celui de Boeing. Dès avril, l’avionneur américain a prévenu qu’il supprimerait 10% de ses effectifs, soit près de 16 000 salariés. Mais il est en proportion deux fois moins important que celui d’un autre avionneur français, Daher, également équipementier et logisticien : ce dernier a supprimé 400 postes à l’étranger et pourrait en supprimer en France jusqu’à 1 300, soit un total de 20% des postes (hors intérim).

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