Qu’est-ce que le Corac, en première ligne dans le plan de relance de la filière aéronautique ?

Le Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac) va bénéficier du plan de soutien pour le secteur aéronautique. Le gouvernement a annoncé le 9 juin une aide de 1,5 milliard d'euros pour cette organisation méconnue du grand public.

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Avion hybride EcoPulse Daher Airbus Safran
En 2019, le Corac a initié le projet d'avion hybride EcoPulse présenté par Airbus, Daher et Safran.

Connaissez-vous le Corac ? Cette organisation plutôt discrète a été propulsée sur le devant de la scène mardi 9 juin, lorsque le gouvernement a dévoilé ses mesures de soutien pour le secteur aéronautique. Le Conseil pour la recherche aéronautique civile représente l’un des principaux bénéficiaires de ce plan de relance. Et d’importantes missions lui ont été confiées.

Un budget sérieusement revu à la hausse

En 2019, il se définissait comme “l’équipe de France de la recherche aéronautique au service du futur de l’aviation”. Dans un plan global de 15 milliards d’euros, le Corac va capter le milliard et demi d’euros consacré à la R&D de l’aviation. Une sérieuse montée en puissance pour cette institution.

D’habitude, le Corac doit se débrouiller avec un budget annuel de 135 millions d’euros. Il va désormais recevoir 1,5 milliard d’euros sur trois ans : 300 millions d’euros en 2020, puis 600 millions d’euros en 2021 et en 2022. 1,1 milliard d’euros sera apporté par l’État tandis que des fonds européens contribueront à hauteur de 400 millions. 

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Un grand budget implique de grandes responsabilités. “Nous nous fixons un objectif très concret et très ambitieux : parvenir à un avion neutre en carbone en 2035 au lieu de 2050”, a annoncé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Le Corac va devoir piloter ces efforts en accélérant “la recherche et la construction d’un avion neutre en carbone”. Le ministre a ainsi évoqué les technologies d'électrification, la réduction de la consommation de carburant ou encore l’utilisation de l’hydrogène… 

Le Corac soutient des démonstrateurs innovants

Ces sujets, le Corac les connaît bien. Le conseil a été créé en 2008 par le ministère de l’Environnement pour “optimiser les efforts des acteurs du transport aérien dans le domaine de la recherche et de l’innovation”. Sa mission ? Identifier les technologies qui permettront de réduire les émissions polluantes et le bruit des avions. Le Corac s’intéresse également aux nouvelles mobilités et à la sécurité aérienne pour répondre à l’augmentation du trafic dans les airs.

Plus concrètement, le Corac apporte un soutien financier à des projets de démonstrateurs. En juin 2019, il initiait par exemple le projet d’avion hybride EcoPulse d’Airbus, Daher et Safran avec une aide de 11 millions d’euros (sur un investissement total de 22 millions d’euros).

“Ce sont des milliers d’ingénieurs hautement qualifiés qui, sans l’aide du Corac, se seraient retrouvés dans les semaines qui viennent sans activité, sans recherche et donc sur le marché du travail avec le risque de perdre nos meilleurs compétences”, a assuré de son côté le ministre de l’Économie le 9 juin.

Favoriser le partage d’informations entre les industriels

Stéphane Cueille, directeur R&T et innovation chez Safran, a assuré la présidence du dernier comité de pilotage du conseil. Parmi les membres du Corac, on retrouve les acteurs de référence de la filière aéronautique française : les constructeurs Airbus et Dassault Aviation, le groupe ADP, la compagnie aérienne Air France, le motoriste Safran, le groupe d’électronique Thales ou encore le Groupement des industriels français de l’aéronautique et du spatial (Gifas).

Le Corac va donc devoir travailler avec tous ces industriels pour favoriser le partage d’informations et développer un démonstrateur prêt à voler entre 2026 et 2028. Un défi technologique important.

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