Pour le transport de matériel médical dans les pays les plus touchés par l'épidémie de Covid-19, Airbus a développé une solution clef en main pour adapter les avions commerciaux au fret. En cours de certification par l'Agence de Européenne de Sécurité Aérienne (AESA), le dispositif servira également de source de revenus alternative aux compagnies aériennes, dont les recettes se sont taries avec l'arrêt des vols commerciaux lié aux mesures de confinement.
Augmenter les capacités de transport
"Nous sommes partis d'un constat, d'une part, l'augmentation de la demande de transport de matériel médical, explique Yann Mardet vice-président aux opérations aériennes de supports chez Airbus, d'autre part, la diminution du transport des avions de ligne. Par ailleurs, 45 à 55% du fret mondial est assuré aujourd'hui par les avions passagers."
Le dispositif imaginé par Airbus, qui permet d'augmenter le volume des marchandises transportées, consiste à retirer une partie des sièges passagers de la cabine pour y fixer des palettes recouvertes de filets sanglées au plancher de l'avion. "C'est un principe déjà utilisé par les avions cargo. L'avantage, c'est que cela ne nécessite pas de reconvertir l'avion en affréteur", explique Yann Mardet, et donc de demander une nouvelle immatriculation. "C'est une solution provisoire qui doit durer le temps de la crise sanitaire."

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A titre d'exemple, "pour un A350 900, le dispositif permet de transporter 7,8 tonnes de marchandises supplémentaires, soit un volume total de 42,5 tonnes par avion en comprenant les soutes et les espaces bagages. Nous pourrons le décliner à d'autres types d'appareils, en fonction de la demande", poursuit Yann Lardet.
Chaque palette pèsera 260 kg et mesurera 1,5 mètre, pour un volume de chargement de 3 mètres cube.
La solution proposée par Airbus ne constitue pas une première. Début avril, outre-Atlantique, Air Canada avait modifié la cabine de ses Boeing 777 sur le même modèle. En supprimant les sièges, la compagnie avait doublé sa capacité de chargement. La validation de cette solution ne relevait pas de l'autorité aérienne européenne, mais de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine.
Air Canada (Adaptation de la cabine passagers d'un Boeing 777 par Air Canada Crédit : Air Canada)
Le 14 avril, Air France a utilisé ses Boeing 777 pour affréter du matériel médical depuis la Chine. Le chargement avait été fixé sur les sièges de l'avion. "C'était alors la seule solution autorisée par l'AESA, explique Yann Lardet.
Aucun surcoût pour les compagnies aériennes
Le dispositif ne nécessitera pas une main d'œuvre et des travaux conséquents, et pourra être réalisé là où les avions sont stockés, soit par Airbus, soit par l'opérateur. "En quelques heures, deux techniciens peuvent retirer les sièges et fixer les palettes au sol, explique Matthias Ierovante, chef du projet, les avions pourront ensuite être facilement reconvertis en avions passagers lorsque le trafic reprendra".
"Nous la proposerons gracieusement dans le cadre normal du processus de soutien aux opérateurs, poursuit Yann Lardet. A l'heure actuelle, 20 opérateurs se sont dit intéressés."
L'AESA devrait donner son feu vert fin mai
L'AESA étudie cette solution et devrait donner son feu vert fin mai. "Notre dispositif devrait obtenir la certification, assure Yann Lardet, d'une part car c'est un procédé bien connu des avions cargo, d'autre part car il respecte trois critères : un corridor permet d'accéder à l'ensemble du chargement en cas d'incendie, les palettes seront parfaitement fixées et le contrôle de la masse centrale de l'avion sera assuré par une répartition localisée du chargement." La certification de l'AESA doit permettre logiquement l'obtention d'une certification des autorités aériennes nationales. "Nous donnerons toutes les données aux compagnies pour qu'elles puissent disposer du cadre réglementaire et obtenir une certification des autorités aériennes nationales."



