La crise liée au coronavirus commence à faire des dégâts financiers chez Airbus. Lors de la publication de ses résultats du premier trimestre 2020 mercredi 29 avril, l’avionneur européen a annoncé avoir accusé une perte de 481 millions d’euros, contre un bénéfice de 40 millions d’euros au premier trimestre de l’an dernier. Quant au chiffre d’affaires, il affiche une baisse de 15%, à 10,6 milliards d’euros. "Nous sommes maintenant au milieu de la crise la plus grave que l'industrie aérospatiale ait jamais connue", a souligné Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus.
Ces résultats sont un avant-goût de la crise qu’Airbus va devoir affronter, alors que l’avionneur a réduit d’environ 30% sa production, en raison avant tout de la chute de la demande du côté des compagnies aériennes. Pour ce premier trimestre, le groupe montre malgré tout une certaine résistance. Il a engrangé 290 commandes nettes, contre 58 annulations lors du premier trimestre 2019. S’il a pu assurer la livraison de 122 appareils (8 A220, 96 A320, 4 A330 et 14 A350), soit 40 de moins que l’an dernier, 60 autres ont été assemblés mais n’ont pas pu être livrés aux compagnies aériennes.
La chasse aux coûts est ouverte
Reste qu’au sein du groupe, c’est bien la division aviation commerciale qui paie le plus lourd tribut à la crise. Son chiffre d’affaires est en baisse de 22%, à 7,6 milliards d’euros, contre une hausse de 19% pour Airbus Helicopters, à 1,2 milliard d’euros (46 appareils livrés), et une stagnation pour Airbus Defence and Space, à 2,1 milliards d’euros. Au niveau du groupe, le résultat d’exploitation reporté baisse de 56% et s’élève à 79 millions d’euros, incluant des coûts supplémentaires liés notamment à l’A380 et aux affaires juridiques. En excluant ces coûts, le résultat d'exploitation est de 281 millions d'euros (-49%).

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Face à cette situation, Airbus est forcé de faire la chasse aux coûts, en particulier sur le plan social. Alors que désormais plus de 3 000 personnes sont au chômage partiel en France, ce chiffre pourrait être réévalué à la fin du deuxième trimestre. Le chiffre de 7 000 salariés concernés par de telles mesures a été évoqué par Guillaume Faury, sans que cela soit confirmé pour le moment. Au Royaume-Uni, 3 200 salariés sont actuellement au chômage partiel. Le groupe pourrait être amené fin juin à prendre de nouvelles mesures d'économies.
Au-delà des mesures sociales, plusieurs projets pourraient faire les frais des réductions de coûts. C’est déjà le cas de l’E-FanX, ce démonstrateur d’avion électrique développé en partenariat avec Rolls-Royce. "Ce type de projets est-il moins important qu’avant ? La réponse est non, a tenu à préciser Guillaume Faury. Mais est-il tout aussi urgent ? Probablement pas. Nous avons beaucoup appris avec cet avion mais la phase des essais en vol est très coûteuse. Reste qu’Airbus a toujours pour ambition d’être le leader de l’aviation décarbonée. Notre objectif n’a pas changé."
Interrogé sur LCI ce 29 avril, Bruno Le Maire s'est dit prêt à soutenir l'avionneur. "Il va de soi que nous soutiendrons totalement et s'il le faut massivement Airbus le moment venu", a-t-il déclaré. Le ministre de l'Economie explique que l'aide apportée à Air France doit, par ricochet, profiter à Airbus. "Il va de soi que derrière, il y a aussi les achats d'Airbus et la filière aéronautique française. Si nous soutenons Air France, c'est aussi et je ne le cache pas pour soutenir Airbus. Il faut qu'Air France continue à être un bon client d'Airbus qui est aujourd'hui aussi en difficulté", a insisté Bruno Le Maire.



