Si l'avion à hydrogène d'Airbus ne vole pas en 2033, ce ne sera pas par manque d'infrastructures gazières à terre. Pour être prêts, le groupe Aéroports de Paris (ADP) et GRTgaz ont lancé une étude afin de définir le moyen le plus efficace et compétitif d'approvisionner en hydrogène les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly. ADP testera durant les deux prochaines années des engins à hydrogène d'assistance en escale et planche pour accueillir les appareils de plusieurs constructeurs d'aviation légère, comme Universal Hydrogen.
Près de 1 000 tonnes par jour à fournir en 2050
«Les volumes nécessaires à Roissy et Orly sont estimés respectivement à 700 et 350 tonnes par jour à l'horizon 2050, chiffre Amélie Lummaux, la responsable développement durable d'ADP. Les aéroports parisiens pourraient alors représenter les deux tiers des besoins en hydrogène de l'Ile-de-France. » De l'hydrogène liquide, et non gazeux, pour limiter l'encombrement à bord. Ce qui implique de déployer des équipements cryogéniques (à-253 °C). ADP et GRTgaz ayant écarté l'option d'une production au niveau même des aéroports, qui rendrait les sites dépendants d'une seule source d'approvisionnement, l'étude vase pencher sur le cas d'une installation hors aéroport. L' hydrogène serait acheminé par canalisation sous forme gazeuse, pour être ensuite liquéfié au plus près des avions. Reste à choisir entre passer par des canalisations de kérosène existantes et mettre en œuvre de nouveaux réseaux.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3725 - Décembre 2023



