Place aux avions électriques, hybrides et à hydrogène ! C’est l’ambition affichée par le groupe ADP (Aéroports de Paris), qui a dévoilé mercredi 21 juin, lors du salon aéronautique du Bourget, une initiative visant à accélérer l’exploitation de ces nouveaux engins sur ses sites parisiens. Très présents lors du salon, les aéronefs électriques et à hydrogène font partie des pistes pour décarboner l’aviation, tout en révolutionnant le transport de passagers sur de petites distances.
Le groupe ADP s’associe à six acteurs de l’aviation générale et régionale décarbonée pour accompagner l’arrivée de leurs engins, qui pourraient s'intégrer dans le trafic aérien avant 2030. La faune aérienne bas carbone promet de débarquer en escadrille avec le Velis Electro 100% électrique de Pipistrel, l’appareil régional à hydrogène de Universal Hydrogen et celui de ZeroAvia, le One BYA-1 également à hydrogène de Beyond Aero, ainsi que les Cassio hybrides électriques de VoltAero et le futur appareil hybride de Daher.
Les aéroports, futurs hubs énergétiques
«Il y a un an ou deux, lorsque je disais qu’on accueillerait de tels appareils en 2030, certains écarquillaient les yeux, lâche Augustin de Romanet, le patron d'ADP. Or l’initiative que nous lançons démontre que c’est déjà maintenant que ça se passe. » Le groupe envisage de nouveaux aménagements visant dans un premier temps l’aéroport dédié à l’aviation d’affaires de Paris-le-Bourget, l’aérodrome de Toussus-le-Noble (Yvelines) et, dans une moindre mesure, l’aéroport d’Orly. «Ce que nous sommes en train de faire va également nous aider à être prêt pour la transition à venir de l'aviation commerciale», estime Alban Negret, directeur de l'innovation d'ADP.
Enjeu principal : parvenir à faire des aéroports des hubs énergétiques, capables de proposer à ces appareils bas carbone aussi bien de l’énergie électrique que des carburants d’aviation durables (CAD) et de l’hydrogène. Ce qui implique notamment de devoir renforcer les connexions électriques avec les fournisseurs et de produire de l’électricité au niveau des sites via des panneaux photovoltaïques. Si les CAD sont déjà distribués au niveau de l’aéroport Paris-le-Bourget – via TotalEnergies et WFS – et peuvent circuler dans les infrastructures existantes, la mise à disposition de l’hydrogène promet d’être plus contraignante.

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Une tendance de fond
Le groupe ADP, qui va en outre engager des discussions avec les autorités réglementaires sur les questions de sécurité, a ciblé des études et actions avec chacun des six acteurs impliqués, afin de répondre à leurs besoins spécifiques. Des exemples ? Avec Pipistrel, un réseau de bornes électriques est en cours de déploiement à Toussus-le-Noble en lien avec TotalEnergies. Alors que des mesures de l’impact acoustique du Cassio de VoltAero vont être effectuées, des tests seront menés avec ZeroAvia pour rendre possible la fourniture d’hydrogène gazeux au Bourget. La logistique des capsules à hydrogène employées par Universal Hydrogen va être évaluée. Quant à Daher, l’avionneur compte ouvrir à Toussus-le-Noble un centre de tests dédié à l’avion à propulsion électrique.
L’initiative d’ADP reflète une tendance qui pourrait prendre de l’ampleur. «Les aéroports français, qui possèdent des capacités foncières importantes, à proximité des villes, ont d’ailleurs l’ambition de se transformer en hubs énergétiques pour répondre demain aux différents besoins énergétiques des territoires, confiait récemment à L’Usine Nouvelle Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français (UAF). Les aéroports peuvent entrer dans une nouvelle phase de leur développement en devenant des acteurs de l’énergie décarbonée pour l’aérien mais aussi pour des secteurs comme le transport terrestre et toute activité nécessitant de l’énergie.» Et d’assurer que tous les grands aéroports régionaux français poursuivent désormais cette stratégie.



