« Alors que nous devons faire face à un contexte international de plus en plus complexe, voire chaotique, nous avons souhaité désendetter le groupe, pour préparer plus sereinement l'avenir. L'objectif est à la fois de nous recentrer sur notre cœur de métier, l'électronique embarquée, et de nous donner les moyens de maintenir notre stratégie d'investissement » explique Jean-Louis Pech, président directeur général d'Actia.
En mars 2021, le groupe toulousain, spécialisé dans la conception et le développement d'équipements et systèmes électroniques embarqués, avait annoncé être sur le point de céder plusieurs activités non stratégiques de sa division Automotive. C'est en partie chose faite.
Négociations en cours avec Plastic Omnium
Une première opération a été concrétisée le 21 avril avec la cession de l’activité Contrôle technique & équipements de garage (115 salariés, 21 millions d’euros de chiffre d’affaires) au groupe allemand BASE (Beissbarth Automotive Service Equipment), qui s'est structuré ces dernières années via des acquisitions successives. Cette cession se traduit par le transfert de la marque Muller. Elle comprend également le site de Chartres (Eure-et-Loir) et 30% des titres de la filiale Actia Cz (République tchèque), spécialiste des analyseurs de gaz. Dans la foulée, les négociations de cession des titres de la division Power (200 salariés, 22,3 millions d’euros de chiffre d’affaires) sont sur le point de se conclure avec le groupe français Plastic Omnium. « L'opération devrait être bouclée dans les prochaines semaines, avant la fin du mois de juin », précise Jean-Louis Pech. Le groupe toulousain espère ainsi réduire son endettement, qui s'établissait à quelque 221 millions d'euros au 31 décembre 2021, de l'ordre de 70 millions d’euros.
Malgré ces deux cessions, le groupe maintient ses ambitions de croissance. L'objectif est de passer le cap des 800 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon de 2026. « Sans ces opérations, nous aurions sans doute franchi le milliard d'euros, mais avec le risque de freiner nos efforts d'innovation. Pour développer une électronique embarquée toujours plus performante, "intelligente", connectée, sécurisée et évolutive, nous avons besoin de continuer à investir chaque année entre 15 et 18% de notre chiffre d'affaires dans la R&D », insiste le dirigeant.

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D'autant que le groupe, déjà bien identifié sur les marchés du transport routier (voitures, véhicules utilitaires, bus, poids lourds), des engins agricoles, du ferroviaire, de l'énergie et de l'aéronautique (Actia est un fournisseur d'Airbus depuis plus de 20 ans), entend se lancer de nouveaux défis sur les marchés en forte croissance du spatial et de la micromobilité.
DIversification sur le new space et la micromobilité
Fort de son premier succès avec One Web, Actia s'affiche comme un acteur du new space et se positionne comme fournisseur des nouvelles constellations de satellites. Le groupe a obtenu une labellisation du pôle de compétitivité Aerospace Valley pour son projet « Actia in space - équipement électronique générique pour applications spatiales embarquées en orbite basse » et prévoit d'investir 4 millions d'euros sur 2022-2023 pour doter son site industriel de Colomiers (Haute-Garonne), spécialisé dans la production de cartes électroniques, d'un nouvel espace entièrement dédié au spatial. « Selon les projections de nos partenaires, à l'horizon 2024, nous devrions réaliser entre 20 et 60 millions d'euros de chiffre d'affaires par an dans le spatial, contre 1,7 million réalisé en 2021 », souligne Jean-Louis Pech.
Actia Actia prévoit de doter son site industriel de Colomiers (Haute-Garonne), spécialisé dans la production de cartes électroniques, d'un nouvel espace dédié spécifiquement au spatial. © Actia
En parallèle, l'équipementier toulousain a fait en 2021 son entrée sur le marché du VAE (Vélo à assistance électrique) avec une solution d'électrification globale développée en interne. Le groupe table sur l'équipement de 20 000 premiers vélos dès la première année, avec une montée en charge progressive pour un chiffre d'affaires attendu de 30 et 50 millions d'euros d'ici 2025. Une première ligne de production sera implantée d'ici à fin 2022 sur le site tunisien du groupe, pour répondre notamment aux besoins du fabricant tunisien Euro-Cycles.
Dans la foulée, d'autres investissements pourraient être décidés sur d'autres sites du groupe, en fonction du développement de l'activité. Au-delà du VAE, le groupe s'intéresse plus largement à l'électrification d'autres modes de micromobilité, de type tricycles cargos, en lien avec le développement de la logistique urbaine décarbonée et connectée. En 2021, Actia a généré 462,9 millions d'euros de chiffre d'affaires, et emploie 3 700 salariés dans le monde, dont 1 300 en France.



