Airbus a annoncé des résultats historiques en 2021, avec un bénéfice net de 4,2 milliards d’euros, selon son communiqué financier diffusé jeudi 17 février. Les activités défense et spatial, réunies dans la même division, y ont nettement contribué. Dans ce domaine, les prises de commandes ont augmenté à 13,7 milliards d’euros en 2021, contre 11,9 milliards l’année précédente. Cette performance est notamment due aux contrats concernant le maintien en condition opérationnelle des avions de combat Eurofighter allemands et espagnols ainsi qu’aux exportations de différents appareils (C295, A330, MRTT et A400M).
Le bilan est toutefois plus mitigé qu’il n’y paraît pour les programmes d’appareils militaires. Concernant l’A400M, son avion de transport militaire, le groupe a été contraint d’annoncer une nouvelle provision de 200 millions d’euros au quatrième trimestre de 2021. De quoi surprendre, puisque l’appareil paraissait être entré dans une phase de maturité technologique. « Comme vous le savez, cela a été un programme difficile durant des années. La situation s’améliore progressivement, mais il nous reste encore un peu de travail », a concédé Guillaume Faury, président exécutif du groupe.
8 A400M livrés en 2021
L’avionneur précise encore dans son communiqué « que les activités de développement se poursuivent afin de respecter la feuille de route capacitaire révisée » et que la provision traduit « principalement la réévaluation du calendrier de livraison du contrat de lancement ». Les coûts liés à l'A400M ont littéralement explosé, estimés à près de 30 milliards d'euros, contre 20 milliards d'euros prévus à l'origine, au lancement du programme.

- 95.2-0.75
10 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
Le dirigeant se montre toutefois optimiste quant à l’avenir de l’appareil, rappelant notamment son rôle crucial en août dernier, au moment de l’évacuation des ressortissants de nombreux pays de Kaboul en Afghanistan après la victoire éclair des Talibans. Cet optimisme est conforté par la reprise des ventes à l’export de l’appareil, avec les commandes passées l’an dernier par la Kazakhstan et l’Indonésie. Par ailleurs, huit avions de transport militaire A400M ont été livrés en 2021, rappelle le groupe.
Un partage des tâches problématique
Autre sujet de préoccupation pour Airbus, la difficulté à trouver un accord avec Dassault Aviation concernant le Scaf, le programme majeur pour l’Europe de la Défense dans le domaine de l’aviation de combat. Il doit permettre de remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d’ici à 2040.
Après plus d’un an de discussion, les deux partenaires n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord. « Les discussions portent sur le partage des tâches et la responsabilités des deux sociétés. Cela prend plus de temps que prévu. Mais ce n’est pas anormal dans ce genre de discussions et de négociations, avant la signature d’un contrat de cette importance », a justifié Guillaume Faury. Le dirigeant a tenu à rappeler sa volonté de faire le maximum pour trouver un accord et avancer. Les deux partenaires n’ont toutefois pas droit à l’erreur au regard des enjeux technologiques, industriels et militaires pour l’Allemagne, la France et l’Espagne. Ce programme est estimé entre 50 et 80 milliards d’euros.



