Après le Rafale, l’A400M sera-t-il le prochain best-seller aéronautique sur le front des exportations militaires? Longtemps considéré comme un programme maudit en raison des difficultés de conception et d’industrialisation de l’avion, l’appareil de transport militaire d’Airbus vient de séduire son second client à l’exportation. La République du Kazakhstan a commandé deux appareils, selon un communiqué de l’avionneur diffusé mercredi 1er septembre. Le contrat prévoit une première livraison en 2024, et également des prestations de maintenance et de formation. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.
Il s’agit du second client à l’exportation pour l’A400M depuis la commande passée pour 4 appareils par la Malaisie… En 2005. Au total, la division des avions militaires d’Airbus a déjà livré 100 exemplaires de l’A400M, essentiellement aux pays européens qui ont financé le programme au début des années 2000. Soit l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique et le Luxembourg, ainsi que la Turquie. La France compte une flotte de 18 appareils, qui sera portée à 25 exemplaires en service fin 2025.
176 appareils commandés
Ce nouveau contrat porte à 176 le nombre total d’A400M commandés. Et l’avionneur s’attend à de nouvelles commandes. "Ce chiffre devrait encore croître prochainement. Avec plus de 100 appareils livrés et 100 000 heures de vol cumulées, l’A400M a démontré ses capacités et atteint le degré de maturité qu’attendaient de nombreux clients potentiels" est-il expliqué dans un communiqué.

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L’avionneur n’a toutefois pas voulu préciser à L’Usine Nouvelle les pays avec lesquels des négociations étaient engagées.
Aujourd’hui, l’usine de Séville en Espagne assemble 8 appareils par an, loin de sa capacité maximale. "Cela laisse la possibilité pour répondre à d’éventuelles commandes exports", indique-t-on du côté de l’avionneur.
Airbus rêve désormais pour son avion de transport militaire, d’un destin comparable à celui du Rafale. Longtemps boudé, l’avion de Dassault Aviation a aligné les succès à l’étranger en séduisant l’Egypte, l’Inde, le Qatar, la Grèce… Toutefois, le potentiel de ventes à l’export de l’A400M, encore estimé entre 200 et 300 appareils en 2010, ne s’est jamais réalisé.
Maturité opérationnelle
Pourquoi un tel optimisme aujourd’hui de la part d’Airbus, après une si longue traversée du désert pour son appareil militaire à l’exportation? Conçu au début des années 2000, l’A400M est l’appareil de transport militaire le plus moderne de sa catégorie. Il a effectué son premier vol en 2009 à Séville. Son principal concurrent est le C-130 de l’Américain Lockheed Martin… Dont la conception date des années 50!
Surtout, l’A400M a atteint récemment la maturité opérationnelle grâce à la mise en oeuvre de nouvelles capacités comme le largage rapide de parachutistes, le ravitaillement en vol d’hélicoptères, ou encore le vol automatique à très basse altitude. "C’est un avion phénoménal", s’enthousiasment les militaires qui l’opèrent.
L’appareil tire principalement sa force de ses quatre puissants turbopropulseurs de 11 600 chevaux chacun. Il vole ainsi quasiment aussi vite qu’un avion de ligne. De quoi lui permettre d’effectuer en six heures le parcours entre Orléans et N’Djaména, au Tchad (4 160 kilomètres). Robuste avant tout, cet appareil peut atterrir sur des pistes sommaires (pelouse, gravier...) grâce aux douze roues de ses trains d’atterrissage principaux et aux amortisseurs, conçus pour assurer une hauteur minimale par rapport au sol, quelles que soient les conditions de chargement.
Un programme sauvé in extremis
L’A400M revient pourtant de loin. Au début des années 2010, le programme avait failli être abandonné du fait de nombreuses difficultés au moment de la conception et de l’industrialisation. En 2015, un accident causait même la mort de son équipage lors d’un vol de test.
Toutefois, les Etats clients et l’avionneur ont décidé coûte que coûte d’éponger les surcoûts successifs du programme. L’addition a été des plus salées: le coût global est passé de 20 à 30 milliards d’euros. Selon la direction générale de l’armement, le programme A400M représente plus de 10 000 emplois directs en Europe, dont 2 400 en France.



