A Kourou, Ariane 6 est prête à rencontrer son pas de tir pour les premiers tests à feu

Au Centre spatial guyanais, les équipes d’ArianeGroup ont associé pour la première fois l’étage supérieur et l’étage principal d’Ariane 6. Cette étape ouvre la voie à la réalisation au sol des essais combinés du lanceur avec son nouveau pas de tir en allumant plusieurs fois le moteur Vulcain 2.1.

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Une fois assemblé à l'horizontal, le corps central d'Ariane 6 doit être transporté vers son pas de tir et placé à la verticale pour la réalisation des tests combinés.

Ariane 6 prend forme. Au Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou, les équipes d’ArianeGroup ont assemblé pour la première fois le corps central du lanceur. L’opération, qui consiste à réunir horizontalement l’étage principal et l’étage supérieur d’Ariane 6, a eu lieu dans le nouveau bâtiment d’assemblage du lanceur, le BAL. « Lors de cette étape, l’étage principal et l’étage supérieur ont été intégrés mécaniquement et électriquement, ne formant plus qu’un », indique l’industriel dans un communiqué diffusé lundi 27 juin.

L’étage principal réalisé aux Mureaux (Yvelines) et l’étage supérieur réalisé à Brême en Allemagne, étaient partis de leurs usines respectives en début d’année 2021. Le corps central doit être désormais transféré dans la zone de lancement, positionné à la verticale et équipé de ses boosters. Ariane 6 entre dans une étape décisive. Pour la première fois, le lanceur va rencontrer son pas de tir et des essais combinés seront réalisés sans que la fusée ne décolle.

S'approcher des conditions réelles de vol

Cette étape sera assurée par une équipe constituée des collaborateurs de l’ESA (Agence spatiale européenne), d’ArianeGroup et du Cnes (Centre national d’études spatiales). Au cours de ces essais, l’étage principal sera testé à feu et son moteur Vulcain 2.1 sera allumé plusieurs fois sur le pas de tir. Les boosters qui n’ont pas besoin d’être allumés seront chargés d’une matière inerte. Selon ArianeGroup, ces essais permettent d’anticiper tous les risques potentiels et de finaliser toutes les vérifications dans les conditions les plus proches possibles du vol.

Le 15 juin, l’Agence spatiale européenne avait annoncé un nouveau report du premier tir d’Ariane 6 à 2023, notamment à cause du retard pris dans le domaine des tests à feu, qui restent à réaliser en Allemagne et au centre spatial guyanais. Cela porte à deux ans le retard du lanceur européen, dont le vol inaugural était prévu initialement pour la fin de l'année 2020.

Ariane 6 est très attendue des clients privés et institutionnels. La fusée européenne a été sélectionnée début avril par Amazon afin de placer en orbite une partie des minisatellites de sa constellation Kuiper. Avec 18 lancements programmés, il s’agit du contrat le plus important jamais signé par Arianespace. Privés de la fusée Soyouz depuis le début de la guerre en Ukraine, les Etats européens et leurs différentes agences attendent également la remplaçante d’Ariane 5 qui arrive en fin de service, pour mettre en orbite des satellites militaires, de météo, de communication et d’observation de la Terre.

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