Nouvel épisode dans l’histoire de Chapelle Darblay, la dernière papeterie de papier journal du groupe finlandais UPM en France. Son sort devait être scellé au 30 juin 2021, un an après l’arrêt du site qui employait 230 salariés (tous licenciés à l’exception de trois syndicalistes), mais on s’oriente vers un sursis de trois mois supplémentaire.
« Les salariés ont trois mois pour se prononcer sur notre projet de cession » indique Daniel Schwab, président du conseil de surveillance d’UPM France. Ce qui conduirait à la date butoir du 28 septembre, puisque les représentants des salariés ont reçu les documents relatifs à ce projet de cession le 28 juin. « Nous avons reçu deux offres fermes, l’une en logistique et l’autre industrielle, portée par Samfi et Paprec » précise Daniel Schwab. Samfi vise la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau avec de l’électricité fournie par le réseau électrique et Paprec une activité de tri de déchets papiers et plastiques. « Cela représente 80 salariés pour la partie recyclage et 300 pour l’hydrogène à terme ».
Les salariés attachés au papier
Mais ce projet, les syndicalistes n’en veulent pas, déterminés qu’ils sont à trouver une solution de reprise « papetière ». « Ce projet hydrogène relève du fantasme. Il est porté par des chasseurs de primes financés par l’Ademe » commente Arnaud Dauxerre, représentant sans étiquette du collège cadres au CSE d'UPM France, qui avec deux délégués CGT milite depuis un an pour la reprise de Chapelle Darblay par un industriel du papier ou du carton. A la fermeture de l’usine, ils avaient obtenu d’UPM que le site soit maintenu en état de marche pendant un an (juin 2020-juin 2021) pour favoriser la recherche de repreneurs industriels.

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Au cours du comité d’entreprise (CE) puis du CSE extraordinaire d’UPM France du 9 juillet, les représentants des salariés ont demandé une expertise sur le projet de cession des actifs d’UPM et son projet industriel. L’expert dispose d’un délai compris entre un et trois mois pour remettre son rapport.
L'espoir d'une offre de Veolia
« On nous taxe de jusqu’auboutisme, mais nous nous battons pour un projet structurant et non sclérosant pour le territoire » estime Arnaud Dauxerre. Le projet en question, qui consisterait à produire du papier pour emballage, est porté par Veolia et Fibre Excellence, filiale d’un papetier canadien. Mais pourquoi diable ce consortium n’a-t-il pas trouvé le temps, en un an, de déposer une offre de reprise auprès d’UPM ? Selon Arnaud Dauxerre, Veolia était jusqu’à présent lié au spécialiste belge du papier-carton VPK (1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires avec 6 500 salariés) dans un projet de reprise de Chapelle Darblay. Or, VPK, qui s’était intéressé à Chapelle Darblay sans déposer d’offre ferme, a finalement jeté son dévolu sur un site concurrent. Il a annoncé le 4 juin qu’il entrait en négociations avec le papetier de bureau en difficulté Double A, installé à Alizay dans l’Eure. Objectif, transformer sa machine à papier pour produire du papier pour ondulé, marché en pleine effervescence.
Une chose est sûre, avait alors prévenu le ministère de l’Industrie, « il sera difficile pour deux projets d’usines de papier-carton de coexister à quelques kilomètres [30 km, Ndlr] de distance ». Pas d’accord, estime Arnaud Dauxerre. « Contrairement à ce que dit le gouvernement, il y a la place pour deux fabricants de papier d’emballage en Normandie ».



