Une nouvelle étape cruciale pour Renault. Le constructeur automobile français va présenter le 14 janvier en ligne – Covid oblige – son nouveau plan stratégique. Une "Renaulution", telle que l’a baptisé son directeur général Luca de Meo, qui fait suite au plan d’économies de plus de deux milliards d’euros sur trois ans annoncé en 2020. Cette feuille de route doit être présentée en en comité central social et économique (CCSE) dès ce 13 janvier, selon plusieurs syndicats, et vise à mettre fin à plusieurs années de crise au sein du groupe au Losange.
En septembre dernier, Luca de Meo en avait détaillé les grandes lignes dans un document interne. Le dirigeant italien y justifiait notamment son choix de réorganisation en quatre entités : Renault, Dacia, Alpine et "Mobilize", consacrée à la mobilité. Une telle organisation "crée rapidement un fort sentiment d'appartenance, tout en simplifiant la gouvernance", précisait alors Luca de Meo, tout en faisant état d’un besoin de positionnement plus clair entre les trois premières marques.
Renault 4 et 5, version XXIe siècle
Comme attendu, ce plan stratégique devrait faire la part belle au produit. En 2020, Luca de Meo a déjà révélé le concept préfigurant la future Mégane électrique, produite à Douai (Nord), et la Dacia Spring, elle aussi branchée sur batteries. Le 14 janvier, il pourrait présenter des versions réinventées et électrifiées des célèbres Renault 4 et 5, a appris L’Usine Nouvelle, confirmant une information diffusée par plusieurs médias, dont Reuters.

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Des noms déjà évoqués dans son mémo de septembre dernier, où il indiquait vouloir proposer "une gamme de véhicules emblématiques, rentables, à un prix d'entrée de moins de 20 000 euros, produits en France". Plusieurs modèles d’Alpine pourraient également être dévoilés. Là encore, Luca de Meo prévoyait "une petite série de voitures électriques qui soit viable" pour la marque sportive dans son document. Des annonces qui pourraient rassurer l’usine de Dieppe (Seine-Maritime).
Une méthode déjà éprouvée par Seat
Dans le même temps, Luca de Meo avait indiqué dans sa feuille de route de septembre vouloir réduire "l'offre au sein des gammes et des produits d'environ 30 %, sans perdre en volume ni en couverture de segment". Et d’ajouter : "La stratégie d’internationalisation du groupe Renault n'a pas fait ses preuves en termes de bénéfices économiques". Une rupture nette avec la stratégie d’expansion internationale et de course aux volumes voulue par Carlos Ghosn.
"L'offre produit doit être conçue pour générer du profit, pas des volumes", estimait Luca de Meo dans son document. Une vision déjà mise en œuvre dans son ancienne maison, Seat. Avec succès : en 2019, la marque a indiqué que son "revenu moyen par véhicule avait cru de 4,2% à 15 050 euros", contre 14 450 euros par voiture en 2018. Des performances liées notamment à la montée en puissance de Seat sur les très lucratifs SUV, et à la sous-marque sportive lancée en 2018, Cupra.
PSA en exemple
Bilan : le constructeur espagnol, propriété du groupe Volkswagen, a vu en 2019 son chiffre d’affaires croître de quasiment 12% à plus de 11 milliards d’euros. Le bénéfice opérationnel de Seat a de son côté bondi de 57,5% à 352 millions d’euros, faisant croître la marge opérationnelle à 3,3%. Un niveau encore faible par rapport à d’autres concurrents, à l’image de PSA – et sa marge de 8,5% en 2019 – dont le redressement depuis 2013 a été pris en exemple par Luca de Meo en septembre.
"Dans les 5 ans à venir, nous allons faire ce que PSA a fait ces 5 dernières années" écrivait-il fin 2020. Un travail de remise en forme de Renault qui doit permettre d’effacer les mauvais résultats des derniers mois. Au premier semestre 2020, le groupe au Losange a annoncé une perte nette record de 7,3 milliards d’euros, conséquence de la crise sanitaire et des mauvais résultats de Nissan à l’échelle de l’Alliance. Sur l’ensemble de l’année, ses ventes ont baissé de 21,3% à 2,9 millions d’unités.



