En quoi consiste l’accord que vient de signer GRTgaz avec Equinor ?
Le projet commun de GRTgaz et d'Equinor, acteur majeur de la transition énergétique à l’origine de projets de transport et de stockage offshore de CO2 en Norvège, est de fournir un réseau de collecte, de transport terrestre et une station de compression. Ces deux éléments seront pilotés par GRTgaz pour injecter le CO2 dans un pipeline sous-marin à partir de la zone de Dunkerque et de ce qu'on appelle l'hinterland [l’arrière-pays, ndlr] vers des stockages permanents offshore en Norvège L'objectif du partenariat est de collaborer sur les sujets techniques et commerciaux et coordonner la réalisation de l’ensemble de la chaine d’infrastructure, du réseau de collecte jusqu’au stockage inclus. L’ensemble devrait être mis en service avant 2030.
Quelles sont les raisons qui ont amené GRTgaz à s'impliquer dans de tels projets ?
GRTgaz est impliqué dans la transition énergétique depuis des années maintenant suivant trois axes : promouvoir et accueillir les gaz renouvelables dans le réseau, développer des réseaux de transport d’hydrogène et des réseaux de transport de CO2. Ce projet de transport de CO2 permet de compléter l’offre de décarbonation de GRTgaz aux industriels. Le partenariat avec Equinor est une avancée majeure car elle permet de s’allier avec un acteur majeur du secteur CCS et de sécuriser l’accès aux capacités de stockages pour nos clients.
Combien de tonnes de CO2 transiteront dans ce réseau, lorsqu’il sera mis en service ?
Il faut déjà avoir en tête qu’aujourd'hui, la zone industrielle de Dunkerque émet à elle seule 16 millions de tonnes par an. Pour réduire ces émissions, l’effort de décarbonation de la zone sera multiple. Il y a des efforts de sobriété, d'efficacité énergétique, de passage à des énergies renouvelables type biométhane, d'utilisation d'hydrogène. Mais il y aura toujours un talon incompressible d'émissions de CO2, qui sera collecté.
La capacité du réseau permettra d'accueillir ces volumes résiduels, estimés entre 3 à 5 millions de tonnes par an dans un première phase puis jusqu’à 11 millions de tonnes par an en agrégeant les volumes d’autres zones d’émissions du nord de la France. Le point fort de notre projet est la conception mutualisée du réseau, pour maximiser les volumes et diminuer le coût unitaire. Aujourd’hui, 13 industriels ont répondu à notre appel à manifestation d’intérêt clos, à la fin de l’année 2023, pour obtenir leur raccordement. Parmi ceux-ci, on compte ArcelorMittal, Aluminium Dunkerque ou encore Engie.
Le CO2 peut être stocké mais aussi valorisé, pour être utilisé dans les procédés industriels à la place de CO2 fossile, ou être transformé en e-fuel. Est-ce que cette valorisation fait partie des objectifs du projet ?
Effectivement, parmi les industriels qui sont raccordés au réseau, il y en a qui souhaitent utiliser le CO2 pour fabriquer des molécules de synthèse, ce qu'on appelle les e-molécules, combinées à de l'hydrogène, donc que ce soit des e-carburants pour l'aviation ou pour le maritime. C’est le cas par exemple avec Engie et le projet Reuze qui a pour vocation de produire des e-carburants.
Vous avez annoncé avoir déjà lancé les études de faisabilité. Quelles sont les prochaines grandes étapes ?
En effet, nous venons de commencer ces études de faisabilité. L'objectif ensuite, c'est de revenir vers le marché avant la fin d'année avec ses résultats, pour pouvoir ensuite lancer les études de base et prendre une décision d'investissement courant 2026.



