L’actualité réglementaire a été chargée en 2022 pour le secteur automobile. L’Union européenne est parvenue à un accord historique pour mettre fin aux ventes de voitures neuves thermiques en 2035. La Commission européenne a également dévoilé sa proposition pour le standard Euro 7, redouté des constructeurs. Si ces textes portent sur les voitures neuves, un autre dispositif concerne presque l’ensemble du parc automobile européen : les zones à faibles émissions (ZFE).
Les ZFE-m visent à restreindre petit à petit la circulation des voitures les plus polluantes dans les villes. Un sujet de santé publique alors que la pollution de l’air est responsable de plus de 40 000 décès prématurés chaque année en France.
En 2022, l’Europe comptait environ 320 zones de ce type avec des paramètres différents. En France, on parle plus précisément de «zones à faibles émissions mobilité» (ZFE-m). Elles s’accompagnent des fameuses vignettes Crit’Air qui classent les voitures en fonction de leurs émissions polluantes. «D’ici 2025, les 43 agglomérations de plus de 150 000 habitants devront avoir mis en place une ZFE-m», rappelle le ministère de la Transition écologique (voir carte ci-dessous). Et 11 villes ont déjà débuté leur déploiement.
Ministère de la Transition écologique La carte des ZFE-m françaises. Crédit : Ministère de la Transition écologique
Un casse-tête pour les élus locaux et les automobilistes
Comment verbaliser les véhicules en infraction ? Quelles dérogations accorder ? Comment accompagner la conversion du parc automobile vers des solutions moins polluantes ? Les ZFE-m représentent un beau casse-tête pour les élus locaux.
D’autant plus que les vieux véhicules sont nombreux sur les routes françaises. Les voitures particulières Crit’Air 4, Crit’Air 5 et non classées représentent toujours 14% du parc en circulation, selon les données du gouvernement. Sur le marché de l’occasion, les véhicules CritAir 3 et plus pesaient toujours 34,5% des ventes en novembre 2022. «La transition énergétique sera bien mise à la - rude - épreuve du pouvoir d’achat des ménages français», commentait le cabinet AAA Data.
En janvier, l’économiste Bernard Jullien soulevait la question de l’acceptabilité sociale des ZFE : «Le périurbain pose un problème fondamental. L’explosion des coûts de l’immobilier conduit à un mitage avec un habitat plutôt pavillonnaire, des transports publics la plupart du temps défaillants et donc une motorisation très élevée.»
Face à l’inquiétude générale, le gouvernement a annoncé en octobre une enveloppe de 150 millions d’euros pour accompagner le déploiement des ZFE-m. Mais l’accompagnement financier ne suffit pas toujours. La métropole de Lyon (Rhône) a mis en place un fonds de près de 5 millions d’euros pour accompagner les possesseurs de Crit’Air 5 dans un changement de véhicule. En décembre, les médias locaux révélaient que seulement 10 personnes avaient sollicité les aides de la métropole. Nul doute que le déploiement des ZFE et l’accompagnement des automobilistes restera un sujet chaud en 2023.



