Quobly, la pépite grenobloise du quantique, se dote d'un nouveau site pour accélérer vers l'industrialisation

La start-up grenobloise Quobly a inauguré, le 5 février, son nouveau site qui lui permettra de décupler ses capacités de test et de caractérisation de ses puces quantiques. Elle est ainsi armée pour son partenariat avec STMicroelectronics, signé en décembre 2024. 

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Quobly, nouveau site à Grenoble
Le nouveau site de Quobly doit permettre de décupler ses capacités de test de ses puces quantiques.

Quobly s’équipe. La start-up grenobloise a inauguré, mercredi 5 février, de nouveaux locaux qui vont lui permettre de décupler les capacités de test et de caractérisation de ses puces pour le calcul quantique. Désormais hébergée sur la Presqu’île de Grenoble – dans le BHT-3, un bâtiment flambant neuf de Minatec dédié à l’accueil de start-up – la pépite est désormais armée pour son passage à l’échelle industrielle.

Fruit d’un investissement «très important» – mais non communiqué par l’entreprise, qui a levé 19 millions d’euros en 2023 – l’ouverture de ces locaux «marque un moment pivot pour Quobly, estime dans un communiqué Maud Vinet, sa PDG. En accélérant significativement nos capacités de test et de caractérisation, nous apportons les savoir-faire et les méthodes des semi-conducteurs au calcul quantique pour se rapprocher de la réalité industrielle», ajoute-t-elle.

Un partenariat majeur avec STMicroelectronics 

«Le site est opérationnel», confirme Quobly, ex-Siquance, à L’Usine Nouvelle. Il doit permettre d’atteindre une vitesse de test 10 fois plus importante, de multiplier par 50 le nombre de wafers testés et de diviser par trois la durée entre la conception et le test des composants. Toujours à proximité du CEA, du CNRS et de l’université Grenoble Alpes, ses partenaires historiques, la start-up est ainsi équipée pour honorer le partenariat qu’elle a signé en décembre 2024 avec STMicroelectronics.

Cette alliance grenoblo-grenobloise vise, en toute simplicité, à produire des processeurs quantiques à l’échelle industrielle – le grand défi du secteur – «en capitalisant sur les technologies avancées de STMicroelectronics sur la technologie FD-SOI» pour «rendre le calcul quantique à grande échelle faisable et rentable», expliquait la pépite au moment de l’annonce.

C’est toute la promesse de la seule «provinciale» de l’écosystème français : capitaliser sur la maturité industrielle des semi-conducteurs, en fabriquant des qubits de la même manière que les transistors des puces classiques, pour permettre la production à l’échelle des puces quantiques. Ses concurrents, tous franciliens, misent eux sur des technologies plus exotiques – atomes piégés par des lasers, photons uniques, ou qubits dits de chat.

Dépasser le million de qubits en 2031

Les premiers travaux effectués par le tandem visent ainsi à adapter la technologie FD-SOI en 28 nm de STMicro aux besoins de Quobly. Objectif : fabriquer un système de 100 qubits et démontrer la faisabilité d’une puce hébergeant 100000 qubits. Dans sa feuille de route technologique, la start-up mise sur un dépassement du million de qubits en 2031. Elle n’attendra pas si longtemps pour commencer à dégager du chiffre d’affaires : ses premiers revenus sont attendus «dans les deux à trois ans à venir», assure-t-elle à L'Usine Nouvelle.

Pas de temps à perdre d'ici là. La start-up prévoit de doubler ses effectifs, de 45 personnes aujourd'hui, d'ici à la fin de l'année. Elle devrait au même horizon boucler une levée de fonds d'ampleur, du même ordre que celle annoncée par son concurrent Alice & Bob en janvier. De quoi lui assurer une année 2025 bien remplie. 

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